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7 août à Yopougon : le gouvernement place Laurent Gbagbo devant ses responsabilités

7 août à Yopougon : le gouvernement place Laurent Gbagbo devant ses responsabilités

Laurent Gbagbo assistera-t-il à la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le 7 août à Yopougon ? À deux jours de l’événement, le suspense reste entier. Interrogé après le Conseil des ministres du mercredi 5 août, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a refusé de répondre à la place de l’ancien président, tout en estimant que l’État avait rempli son devoir en adressant les invitations.

Laurent Gbagbo assistera-t-il à la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le 7 août à Yopougon ? À deux jours de l’événement, le suspense reste entier. 

Interrogé après le Conseil des ministres du mercredi 5 août, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a refusé de répondre à la place de l’ancien président, tout en estimant que l’État avait rempli son devoir en adressant les invitations.

« Je n’ai malheureusement pas la réponse à cette question », a déclaré le ministre de la Communication. « Lorsqu’on vous adresse une invitation, vous êtes libre d’y répondre favorablement ou non. En revanche, on ne peut pas reprocher à celui qui invite le fait que certains choisissent de ne pas y donner suite. »

Le président Alassane Ouattara a officiellement invité plusieurs anciens dirigeants, dont Laurent Gbagbo, dans ce qui est présenté par le pouvoir comme une démarche de réconciliation nationale et de consolidation de la cohésion sociale. Mais jusqu’à présent, ni le président du PPA-CI ni celui du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, n’ont confirmé publiquement leur participation.

Plusieurs organisations de la société civile et même proches du pouvoir ont également appelé Gbagbo à participer aux cérémonies afin d’envoyer un signal d’apaisement.

« Si vous avez l’occasion de rencontrer les différentes personnalités invitées, demandez-leur pourquoi elles ne répondent pas aux invitations du Chef de l’État, alors même que celles-ci s’inscrivent dans un cadre républicain », a ajouté Amadou Coulibaly.

Un rendez-vous toujours décliné

Depuis son retour en Côte d’Ivoire en juin 2021, Laurent Gbagbo n’a jamais participé aux cérémonies officielles du 7 août, malgré les invitations du président Alassane Ouattara.

En 2021, quelques semaines après son retour, il était engagé dans la réorganisation de son mouvement politique, qui donnera naissance au Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI).

L’année suivante, son absence avait davantage marqué les esprits. Pourtant, quelques semaines auparavant, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié s’étaient retrouvés au Palais présidentiel dans une rencontre présentée comme un pas vers la réconciliation nationale. Malgré cette image d’apaisement et la grâce présidentielle accordée à Laurent Gbagbo dans l’affaire dite du « braquage » de la BCEAO, l’ancien chef de l’État n’avait pas effectué le déplacement à Yamoussoukro pour la fête de l’indépendance.

Depuis, il a maintenu la même position lors des éditions suivantes, tout en participant à certains événements républicains, notamment la cérémonie du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix en février 2023.

Des désaccords qui persistent

Pour le pouvoir, une présence de l’ancien président offrirait l’image d’une classe politique capable de se retrouver autour des symboles de la République. Pour le PPA-CI, une participation sans avancée sur les principaux dossiers politiques risquerait d’être perçue comme un renoncement à ses revendications.

« Ces absences ne traduisent pas un rejet des institutions, mais une position politique. Plusieurs questions restent sans réponse avant toute participation à une cérémonie officielle », explique à Linfodrome un cadre du parti, qui veut garder l’anonymat.

« La principale concerne la situation électorale de Laurent Gbagbo, poursuit-il. Bien qu’il ait bénéficié d’une grâce présidentielle en 2022, il demeure radié de la liste électorale à la suite de sa condamnation dans l’affaire de la BCEAO. Nous réclamons sa réinscription ainsi que la poursuite des mesures d’apaisement, notamment concernant les derniers détenus liés aux crises politiques ».

Pour rappel, la dernière rencontre physique entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo remonte au 14 juillet 2022. Leur dernier échange direct connu est un entretien téléphonique intervenu à la fin du mois de juillet 2025. Depuis, les prises de parole passent essentiellement par les responsables de leurs partis.

Yopougon, un choix hautement symbolique

Cette année, la portée politique de l’événement est renforcée par le choix de Yopougon. Avec plus de 1,5 million d’habitants, la commune est la plus peuplée de Côte d’Ivoire et constitue depuis longtemps un bastion politique de Laurent Gbagbo.

Mais les rapports de force ont évolué. En septembre 2023, le RHDP a remporté la mairie avec Adama Bictogo, président de l’Assemblée nationale, profitant notamment de la division de l’opposition entre le PPA-CI et le PDCI-RDA.

Le parti présidentiel a confirmé cette progression lors des élections législatives de décembre 2025 en remportant la circonscription, effaçant le revers subi en 2021 lorsque la coalition PDCI-EDS avait obtenu les six sièges de députés de la commune.

Selon les résultats publiés par la Commission électorale indépendante (CEI), Alassane Ouattara est également arrivé en tête à Yopougon lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025 avec 86,56 % des suffrages exprimés, dans un contexte de participation relativement faible dans plusieurs centres de vote.

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Source : linfodrome.com