Le gouvernement ivoirien entend franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son réseau de transport avec la réalisation d’une ligne de Train à Grande Vitesse (TGV) reliant Abidjan à Ferkessédougou. Inscrit parmi les projets structurants du Programme national de développement (PND) 2026-2030, ce chantier de 1 000 milliards de FCFA vise à transformer durablement la mobilité, l’aménagement du territoire et la compétitivité économique du pays.
L’annonce officielle a été faite en mai 2026 par le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, lors de la présentation du quatrième PND. Longue de 640 kilomètres, la future ligne de TGV reliera Abidjan à Ferkessédougou en passant par Yamoussoukro, Bouaké et Korhogo. Le calendrier prévisionnel prévoit une phase d’études entre 2026 et 2027, comprenant les études techniques, les évaluations environnementales ainsi que la structuration du partenariat public-privé (PPP).
Le lancement des travaux est annoncé pour 2028, tandis que la mise en service commerciale est programmée pour 2035, soit après huit années de déploiement. Estimé à 1 000 milliards de FCFA, le projet sera financé à hauteur de 30 % par l’État ivoirien, les 70 % restants devant être mobilisés auprès d’investisseurs privés. Cette enveloppe s’inscrit dans le budget global du PND 2026-2030, évalué à 114 838,5 milliards de FCFA.
Une stratégie ferroviaire plus ambitieuse
Selon le ministre Souleymane Diarrassouba, le TGV permettra notamment de relier Abidjan à Yamoussoukro en seulement 45 minutes. Une telle performance offrirait aux populations la possibilité de résider dans la capitale politique tout en exerçant leur activité professionnelle dans la capitale économique, contribuant ainsi à réduire la pression démographique et les difficultés de mobilité dans le Grand Abidjan. Le gouvernement classe ce projet parmi les infrastructures prioritaires destinées à accompagner la transformation économique et territoriale de la Côte d’Ivoire.
D’après l’Agence Ecofin, cette future ligne à grande vitesse s’inscrit dans une stratégie plus large de développement du réseau ferroviaire national. Le Projet de développement minier intégré de l’Ouest (PDMIO) prévoit notamment la réalisation d’une ligne ferroviaire reliant San Pedro à Man puis à Odienné jusqu’à la frontière malienne afin de connecter les bassins miniers de l’Ouest au port de San Pedro, où un terminal minéralier est également prévu.
Parallèlement, la Côte d’Ivoire poursuit avec le Burkina Faso la réhabilitation du corridor ferroviaire Abidjan–Ouagadougou–Kaya, exploité par Sitarail dans le cadre d’une concession. À ce stade, aucune date de lancement des travaux n’a été annoncée pour le projet du PDMIO. Malgré ses ambitions, le projet de TGV devra surmonter plusieurs défis, notamment en matière de financement. La réussite de l’opération dépendra en grande partie de la capacité de l’État à mobiliser les 700 milliards de FCFA attendus du secteur privé.
Le contexte ferroviaire régional, marqué ces dernières années par la suspension temporaire de certains services voyageurs ainsi que par plusieurs incidents techniques sur le réseau de fret classique en 2025, constitue également un enjeu important pour la concrétisation du projet.
S’il voit le jour conformément au calendrier annoncé, le Train à Grande Vitesse pourrait devenir, à l’horizon 2035, l’épine dorsale d’un réseau ferroviaire ivoirien modernisé, renforçant les échanges entre les principaux pôles économiques du pays et consolidant la position de la Côte d’Ivoire comme plateforme logistique en Afrique de l’Ouest.
Rebecca Kouassi (stagiaire)