Ses attaques racistes contre Kylian Mbappé ont provoqué une onde de choc bien au-delà des terrains de football. Mais au Paraguay, Celeste Amarilla est loin d'en être à sa première polémique. Avant de s'en prendre au capitaine des Bleus, la sénatrice avait déjà été suspendue par le Parlement après des accusations explosives visant ses propres collègues.
L'affaire dépasse désormais largement le cadre du sport. Depuis la victoire de l'équipe de France face au Paraguay (1-0), samedi, en huitième de finale de la Coupe du monde 2026, les déclarations de la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla contre Kylian Mbappé enflamment la scène politique et diplomatique. Ses publications racistes sur le réseau social X ont suscité une vague d'indignation, poussant jusqu'au président paraguayen et au ministère des Affaires étrangères à prendre publiquement leurs distances afin d'éviter une crise diplomatique avec la France. RMC Sport rapporte également que la Fédération française de football a effectué un signalement au parquet, tandis qu'Emmanuel Macron et la ministre des Sports ont apporté leur soutien à l'attaquant français. Mais si cette séquence choque l'opinion publique internationale, le tempérament volcanique de la parlementaire n'a rien d'une découverte au Paraguay.
Kylian Mbappé visé par des propos racistes qui provoquent un scandale international
Quelques minutes après la rencontre entre la France et le Paraguay, Celeste Amarilla a multiplié les messages d'une rare violence contre Kylian Mbappé sur X. La sénatrice a notamment tenu des insultes à caractère raciste, allant jusqu'à appeler les joueurs paraguayens à s'en prendre physiquement au capitaine des Bleus. Loin de faire marche arrière face à la polémique, l'élue de 61 ans a ensuite publié une longue lettre ouverte dans laquelle elle accuse le footballeur d'être arrogant et menaçant, tout en annonçant son intention de déposer une plainte contre lui pour "violence de genre".
Une nouvelle sortie qui a renforcé le malaise dans son propre pays, où les autorités cherchent désormais à désamorcer l'affaire, selon RMC Sport. Figure du Parti libéral radical authentique depuis le début des années 1980, Celeste Amarilla possède pourtant une longue carrière politique. Ancienne députée, aujourd'hui sénatrice depuis 2023, cette dernière est également connue pour ses prises de position offensives et ses affrontements réguliers avec ses adversaires politiques.
Une personnalité politique habituée aux polémiques au Paraguay
Les tensions autour de Celeste Amarilla ne datent pas d'hier. En 2022, plusieurs élus du Parti Colorado avaient déjà demandé des sanctions contre elle, dénonçant des "déclarations répétées, menaces et attaques" qui, selon eux, portaient atteinte à la dignité du Congrès et aux principes républicains. Cette demande faisait suite à plusieurs altercations particulièrement houleuses au Parlement paraguayen. Lors des débats, le député Basilio "Bachi" Núñez avait même interrompu la parlementaire en multipliant les cris et les insultes, obligeant le président de la Chambre à rappeler les règles de respect entre élus.
Malgré ces tensions, plusieurs députés, y compris issus de la majorité, avaient défendu le droit de Celeste Amarilla à s'exprimer librement, tout en rejetant le projet de sanction disciplinaire. Ultima Hora relatait alors que les échanges avaient tourné à la véritable foire d'empoigne. À cette occasion, certains adversaires politiques avaient également ressorti de vieilles accusations affirmant qu'elle aurait acheté son siège pour 200.000 dollars et versé des pots-de-vin afin d'obtenir des marchés publics liés aux collations scolaires. Des accusations relayées dans le débat politique paraguayen mais jamais établies par une condamnation judiciaire.
Avant Kylian Mbappé, la sénatrice avait été suspendue après des accusations sur "l'argent sale"
L'épisode le plus marquant de sa carrière reste toutefois celui de 2020. À l'époque députée, Celeste Amarilla affirme publiquement qu'environ 70 parlementaires auraient obtenu leur mandat grâce à "de l'argent sale", évoquant notamment des fonds issus du narcotrafic et de financements politiques douteux. Ces déclarations provoquent immédiatement un séisme politique. Les députés votent alors sa suspension pendant 60 jours, avec suppression de son salaire, au motif d'"allusions irrespectueuses faites avec une intention malveillante ou des motifs illégitimes envers les membres de la Chambre", conformément au règlement intérieur du Parlement, rapportait alors le média paraguayen NPY.
Loin de présenter des excuses, Celeste Amarilla avait assumé ses propos jusqu'au bout. La femme politique expliquait que ses critiques visaient également certains sénateurs et refusait catégoriquement de se rétracter, estimant que cette sanction constituait une tentative de la faire taire. "Je reviendrai dans 60 jours et je continuerai à dire la même chose", avait-elle lancé à l'époque.