Trois jeunes Ivoiriens ont comparu devant le tribunal du Pôle pénal économique et financier, vendredi 19 juin 2026, pour des faits de cybercriminalité, de chantage et d’extorsion en ligne. L’affaire a pris une tournure dramatique après le suicide d’un mineur américain, victime présumée de leurs agissements.
Les prévenus ont été interpellés à la suite d’un signalement de la justice américaine dans le cadre d’une enquête pour sextorsion. Grâce aux investigations menées sur Facebook, les autorités ivoiriennes ont pu remonter jusqu’à eux, alors qu’ils pensaient être hors de portée à Divo.
Selon le représentant du ministère public, les faits remontent à 2021. L’une des victimes, un mineur américain, aurait été soumise à une forte pression psychologique et financière. Acculé par les menaces, l’adolescent aurait finalement mis fin à ses jours.
« Parfois, certaines de nos victimes bluffent de cette manière afin que nous les laissions tranquilles », a tenté de se justifier l’un des prévenus, affirmant avoir été surpris d’apprendre le suicide du jeune homme. Il a reconnu avoir extorqué 3,5 millions de FCFA, une somme qu’il dit avoir utilisée pour acheter des téléphones, des vêtements et d’autres effets personnels.
Face aux accusés, la présidente du tribunal a rappelé que « tout ce que nous faisons sur les réseaux sociaux laisse des traces », soulignant que l’anonymat sur Internet reste illusoire, selon le journaliste Fernand Dedeh qui rapporte les faits.
Présenté comme le chef du réseau, l’un des mis en cause a confié exercer cette activité depuis 2018, alors qu’il était encore en classe de quatrième. Originaire de Soubré, il explique avoir rejoint sa mère à Divo avant de se lancer dans cette pratique.
« Je télécharge des photos sur Facebook, je crée des comptes, je prends une identité féminine. J’établis des amitiés avec des correspondants, je leur envoie des photos et vidéos, puis je me fais passer pour la personne sur les images. Ils m’envoient aussi des vidéos. J’utilise Google Traduction pour communiquer et je leur demande de l’argent en échange de la suppression de leurs vidéos », a-t-il détaillé pour expliquer leur mode opératoire.
L’argent transféré était retiré via un point Western Union tenu par l’un de ses proches. Ce dernier, également poursuivi dans cette affaire, a assuré ne pas connaître l’origine frauduleuse des fonds. L’avocat du troisième prévenu étant absent à l’audience, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 26 juin 2026 afin de garantir le respect de ses droits à la défense.
Rebecca Kouassi (stagiaire)
https://afriksoir.net/cote-ivoire-7-brouteurs-presumes-vol-801-millions-fcfa-sib/