Loin de se plaindre, Fernando, qui habite seul dans son village, est devenu bien malgré lui le symbole de la désertification rurale.
Il ne risque pas d'être dérangé par les voisins. En effet, la majeure partie de l'année, Fernando vit totalement seul dans ce petit village isolé. Néanmoins, il n'a pas l'intention de déménager car il apprécie le calme de la maison familiale qu'il occupe gratuitement, ce qui lui permet de faire de belles économies.
"Depuis les années 1980, le logement est devenu le principal poste de consommation des ménages français, représentant plus du quart de leurs dépenses totales.", comme le rappelle un article du Commissariat général au développement durable paru sur le site gouvernemental Notre Environnement. Cela représentait en moyenne 6 200 euros par habitant et par an en 2024, dont 70 % de cette somme pour les loyers réels ou imputés (valeur théorique attribuée aux propriétaires occupants).
Fernando parvient à économiser malgré son petit salaire
De son côté, Fernando est tranquille. Il n'a pas de loyer à payer ou d'emprunt à rembourser puisqu'il vit dans une maison qui appartient à sa famille. Et malgré son salaire relativement modeste, il parvient même à mettre de côté. "Je gagne environ 1 500 euros et c'est suffisant pour économiser", a-t-il expliqué au site Cope.
C'est il y a 17 ans qu'il a décidé de s'installer à Benamira, qui se trouve dans la province de Soria, au centre de l'Espagne. À l'époque, l'endroit comptait encore environ 200 habitants. Mais désormais, il est le dernier irréductible. Il vit seul pendant la majeure partie de l'année puisque les 58 maisons ne sont occupées que pendant l'été et les week-ends.
Fernando est le dernier habitant du village pendant une grande partie de l'année
À partir d'octobre, "après les festivités du saint patron San Miguel le 29 septembre, le froid s'intensifie et le village est totalement abandonné, laissant Fernando complètement seul.", ont raconté nos confrères. Mais le principal intéressé ne se plaint pas de son sort, bien au contraire. Il apprécie le calme et la tranquillité et il n'habiterait en ville pour rien au monde.
S'il dépense très peu en matière de logement avec 40 euros mensuels pour l'électricité et 50 euros pour un abonnement téléphonique avec données illimitées, Benamira ne disposant pas d'une connexion internet, Fernando en a pour 300 euros d'essence. Il faut dire qu'il est obligé de rouler des kilomètres pour se rendre dans les villes voisines et faire ses courses. Mais ce n'est pas pour autant qu'il quitterait son havre de paix.
Fernando n'est pas mécontent d'habiter seul dans son village.
Fernando n'a pas le temps de s'ennuyer pas
Alors que beaucoup se demandent s'il ne souffre pas de solitude, Fernando tient à les rassurer. Il apprécie la tranquillité et il n'a pas le temps de s'ennuyer. Une fois qu'il a terminé son travail, il ne lui faut qu'une quinzaine de minutes pour rentrer chez lui. Pendant son temps libre, il aime aller courir en montagne, jardiner et pratiquer le taekwondo.
Il apprécie également écrire des sketches humoristiques sur la vie rurale, ce qui lui permet de raconter son quotidien. "Je suis humoriste par nécessité, parce que je n'ai personne à qui parler.", a-t-il ainsi expliqué avec malice. De l'autre côté des Pyrénées, Fernando et le village de Benamira sont devenus de véritables symboles de la désertification rurale qui touche une partie des campagnes espagnoles.