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Monnaie ECO : Justin Koné Katinan met en garde contre des « obstacles majeurs » avant le lancement en 2027

Monnaie ECO : Justin Koné Katinan met en garde contre des « obstacles majeurs » avant le lancement en 2027

L’ancien ministre ivoirien Justin Koné Katinan, cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI, opposition), estime que le projet de lancement progressif de la monnaie unique ouest-africaine ECO en 2027 se heurte encore à d’importants obstacles économiques et institutionnels, appelant les dirigeants de la CEDEAO à privilégier une étape intermédiaire avant l’adoption d’une monnaie unique.

L’ancien ministre ivoirien Justin Koné Katinan, cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI, opposition), estime que le projet de lancement progressif de la monnaie unique ouest-africaine ECO en 2027 se heurte encore à d’importants obstacles économiques et institutionnels, appelant les dirigeants de la CEDEAO à privilégier une étape intermédiaire avant l’adoption d’une monnaie unique.

Dans une analyse consacrée au projet monétaire régional, l’ancien ministre reconnaît que l’ambition d’une monnaie commune pour l’Afrique de l’Ouest est « légitime », mais juge que la région n’a pas encore réuni les conditions nécessaires pour assurer la viabilité de l’ECO.

Selon lui, la décision prise le 19 juillet 2026 par les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO de lancer progressivement la nouvelle monnaie constitue davantage un engagement politique qu’une garantie de réussite économique. Il relève que le communiqué final de cette réunion reconnaît lui-même que plusieurs questions restent à régler entre les institutions monétaires régionales.

Justin Koné Katinan critique également les critères de convergence retenus pour intégrer l’union monétaire, estimant qu’ils ne reflètent pas toujours la réalité des économies de la sous-région. À ses yeux, le seuil de déficit budgétaire fixé à 3 % du produit intérieur brut (PIB) peut être respecté grâce à des ajustements comptables ou statistiques sans traduire un véritable assainissement des finances publiques.

L’ancien ministre identifie trois principaux obstacles au lancement de l’ECO.

Le premier concerne la faiblesse des échanges commerciaux entre les États membres. Il souligne que le commerce intracommunautaire représente moins de 15 % des échanges de la CEDEAO, alors que les économies de la région restent principalement tournées vers les marchés internationaux pour leurs exportations de matières premières et leurs importations de biens manufacturés. Selon lui, une monnaie unique ne peut produire pleinement ses effets en l’absence d’une intégration économique plus poussée.

Le deuxième obstacle réside dans la forte hétérogénéité des économies ouest-africaines. Justin Koné Katinan relève que les pays de la région demeurent exposés à des chocs économiques différents selon leur spécialisation, qu’il s’agisse du pétrole, du cacao, de l’or, du coton ou du tourisme. Dans ces conditions, une politique monétaire unique risquerait, selon lui, de répondre aux besoins de certains États tout en aggravant les difficultés d’autres, faute de mécanismes régionaux de solidarité suffisamment développés.

Enfin, il estime que la fragilité des finances publiques constitue le principal défi. Citant les rapports de convergence régionaux et des données internationales, il fait valoir que peu de pays respectent simultanément les critères macroéconomiques exigés et que les niveaux de pression fiscale demeurent inférieurs aux objectifs fixés par la CEDEAO. Cette situation, combinée à un endettement largement libellé en devises étrangères, limiterait, selon lui, la capacité des États à soutenir durablement une union monétaire.

Au regard de ces difficultés, Justin Koné Katinan plaide pour une approche graduelle, privilégiant d’abord la mise en place d’une monnaie commune destinée aux règlements régionaux avant l’instauration d’une monnaie unique. Une telle transition permettrait, selon lui, de renforcer progressivement l’intégration économique et financière de la sous-région avant de franchir l’étape d’une union monétaire complète.

Le projet de l’ECO, porté depuis plusieurs décennies par la CEDEAO, vise à doter les pays ouest-africains d’une monnaie commune afin de renforcer l’intégration économique régionale. Son lancement a toutefois été reporté à plusieurs reprises en raison des difficultés rencontrées par les États membres pour satisfaire aux critères de convergence économique.

Source : lemeridien.ci