Le gouvernement ivoirien veut franchir un nouveau cap dans la lutte contre l’orpaillage clandestin. À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 5 août 2026, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a appelé à une prise de conscience collective et dénoncé les complicités qui permettent la prolifération des sites illégaux. Il a assuré que la loi sera désormais appliquée avec fermeté, y compris contre les chefs de village ou les agents publics impliqués.
L’orpaillage clandestin reste l’un des défis majeurs auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée. Malgré les opérations de déguerpissement, les arrestations et les saisies réalisées ces dernières années, l’exploitation illégale de l’or continue de se développer dans plusieurs régions du pays, avec des conséquences importantes sur l’environnement, la sécurité et l’économie nationale. Face à cette situation, le gouvernement ivoirien hausse le ton. À la sortie du Conseil des ministres du mercredi 5 août 2026, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a livré un message de fermeté sur la nécessité d’une mobilisation générale contre ce phénomène.
« Si vous avez suivi le communiqué du dernier Conseil national de sécurité, vous avez dû vous rendre compte de toute la mesure que l’État a prise de ce phénomène. Cette fois-ci, le communiqué a été très clair. Il s’agit d’appliquer de façon stricto sensu la loi », a déclaré le ministre. Pour Amadou Coulibaly, la lutte contre l’orpaillage clandestin ne peut pas être considérée comme une mission exclusivement réservée aux forces de défense et de sécurité. Il estime que chaque citoyen, chaque communauté et chaque responsable local doit prendre ses responsabilités.
« Quand je vous entends parler de l’État, on a l’impression que l’État est une personne suspendue qui est différente de nous. L’État, c’est chacun de nous. L’État, ce sont les chefs de village. L’État, ce sont les mutuelles de développement », a-t-il insisté. Le porte-parole du gouvernement a particulièrement mis en lumière le rôle des autorités coutumières dans l’occupation des terres par les exploitants clandestins. Selon lui, l’installation de ces sites ne peut se faire sans une forme d’autorisation ou de tolérance locale.
« Aucun orpailleur clandestin ne s’installe dans un village sans l’autorisation du chef de terre, du chef de village », a-t-il affirmé, appelant les populations à ne plus fermer les yeux sur ces pratiques. Cette déclaration marque une volonté claire de s’attaquer non seulement aux exploitants illégaux, mais également aux réseaux de soutien et aux complicités qui facilitent leur activité. Le ministre a prévenu que les responsables locaux ou administratifs impliqués ne seront pas épargnés. « Il peut se retrouver des gens, il peut y avoir des chefs de village qui vont se retrouver sous le coup de la loi. Il en est de même du personnel de l’administration qui serait complice de ce fléau », a averti Amadou Coulibaly.
Plus de 8 500 sites démantelés depuis 2021
Les autorités ivoiriennes rappellent que des efforts importants ont déjà été engagés. Lors du Conseil national de sécurité du 23 juillet 2026, présidé par le chef de l’État Alassane Ouattara, le gouvernement a dressé le bilan des actions menées par le Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (GS-LOI), créé en 2021. Selon les chiffres communiqués, cette structure a permis, entre 2021 et le premier semestre 2026, le déguerpissement de plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal, le défèrement de 4 474 individus, dont 65 % d’étrangers, ainsi que la saisie de plus de 960 millions de FCFA et d’environ 136 kilogrammes d’or.
Cependant, malgré ces résultats, le Conseil national de sécurité a reconnu que le phénomène demeure préoccupant et continue de s’étendre dans plusieurs zones du territoire national. Les autorités dénoncent notamment ses effets dévastateurs : destruction des forêts, pollution des cours d’eau, dégradation des terres agricoles, menace sur la sécurité des populations et pertes financières importantes pour l’État. Amadou Coulibaly a également insisté sur la nécessité d’agir en amont. Pour lui, la répression seule ne suffira pas si les communautés ne s’impliquent pas davantage.
« Il faut prévenir. Mais cette prévention passe par la prise de conscience de chacun des habitants de ce pays », a-t-il déclaré. À travers cette nouvelle offensive, le gouvernement entend donc responsabiliser l’ensemble des acteurs et mettre fin aux zones de tolérance qui permettent encore à l’orpaillage clandestin de prospérer. Le message est désormais clair : aucune complicité ne sera ignorée et la loi devra s’appliquer à tous.