Précocité, charme, peine de mort : L’incroyable story de Naya Jarvis Zamblé la plus jeune élue de Côte d’Ivoire
Élue députée à seulement 25 ans avant de décrocher l'écharpe de maire deux ans plus tard, Naya Jarvis Zamblé détonne dans le paysage politique ivoirien. Teint éclatant, look tiré à quatre épingles et réparties tranchantes, la jeune femme bouscule les codes et enchaîne les débats passionnés. Seneweb reprend pour vous les éléments clés du portrait saisissant dressé par nos confrères d'Ivoire Matin.
L'allure d'une icône, le verbe haut
Allure élancée, port de tête altier et toujours tirée à quatre épingles : Naya Jarvis Zamblé ne passe jamais inaperçue. Avec sa chevelure impeccable, ses lunettes de soleil glamour et son aisance naturelle devant les objectifs, elle impose d'emblée une présence magnétique. Derrière ce charisme So-Glamour d'une femme moderne au sourire ravageur, se cache une bête politique redoutable, au verbe acéré et à la ténacité à toute épreuve.
Des amphis d'Accra aux affaires
Née le 14 octobre 1995 à Grand-Bassam, la jeune femme grandit à Abidjan. Son baccalauréat en poche, elle s'envole vers le Ghana où elle décroche un Diplôme universitaire de technologie en logistique, suivi d'un master en management et d'un certificat d'anglais à l'East Legon University d'Accra (aujourd'hui Knutsford University).
Loin des salons feutrés, elle fait ses armes sur le terrain : un passage chez Nestlé Ghana, puis un poste de responsable logistique chez Think Tank Business Services. De retour en Côte d'Ivoire en 2014, Naya prend des risques et se lance dans l'entrepreneuriat avec une ferme avicole, avant de monter sa propre agence événementielle. Une immersion concrète qui alimente encore aujourd'hui sa ferveur pour l'autonomisation des femmes et l'emploi des jeunes.
Au RHDP, l'ascension express sous le patronage des géants
En politique, sa trajectoire a tout d'un TGV. Dès 2015, elle rejoint le RHDP sous le mentorat de deux figures emblématiques de la politique ivoirienne : les feu Premiers ministres Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko. Très vite, elle prend du galon au sein des mouvements de jeunesse : vice-présidente de la Jeunesse unie de Côte d'Ivoire (JUNCI) en 2015, présidente du Mouvement actif des jeunes leaders de Côte d'Ivoire (MAJLCI) en 2016, puis présidente de la Jeunesse houphouëtiste du Centre-Ouest en 2017. Elle prend également d'assaut la sous-région, pilotant la mobilisation des jeunes RHDP du Maroc jusqu'au Niger, en passant par le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso et la Mauritanie.
Le grand virage s'opère aux législatives de mars 2021. Élue députée de la circonscription de Gohitafla-Iriéfla-Maminigui à 25 ans à peine, elle devient la plus jeune parlementaire de l'histoire du pays et la première femme à conquérir ce siège. Ambitieuse assumée, elle manifeste son intérêt pour la présidence de l'Assemblée nationale au décès d'Amadou Soumahoro en mai 2022, avant de se ranger avec discipline derrière la candidature d'Adama Bictogo adoubée par le président Alassane Ouattara.
En septembre 2023, elle enfonce le clou en raflant la mairie de Gohitafla, entrant dans le cercle très fermé des femmes cumulant les écharpes de députée et de maire. Puis, en novembre 2024, coup de théâtre : par lettre adressée au président de l'Assemblée nationale, elle annonce son retrait du groupe parlementaire RHDP sans justification fracassante, affirmant une autonomie politique de plus en plus affirmée.
Sans filtre sur la polygamie et la peine de mort
Plus qu'un parcours politique parfait, c'est sa capacité à soulever les sujets qui fâchent qui fait d'elle un visage incontournable des plateaux télé.
Sa première tempête médiatique explose à la suite d'un passage remarqué sur Life TV. Abordant sans tabou la question de la polygamie, elle plaide pour un encadrement juridique d'une pratique ancrée dans la réalité sociale. Son argumentaire ? Protéger les femmes et les enfants souvent démunis lors des successions, tout en dénonçant « l'hypocrisie sociale » entourant la culture des « deuxièmes bureaux ». Si la Toile s'enflamme et lui prête à tort le dépôt d'un projet de loi alors que le Code civil impose la monogamie depuis 1964, l'élue recadre : il s'agissait d'une position personnelle visant à ouvrir le débat, et non d'une initiative parlementaire formelle.
En juillet 2026, nouveau séisme. Émue par le meurtre tragique d'un livreur à moto à Cocody, Naya Jarvis Zamblé hausse le ton et réclame l'ouverture d'un débat sur le rétablissement de la peine de mort pour les crimes les plus odieux, tels que les viols sur mineurs et les assassinats sauvages. « L'Afrique a ses réalités, l'Europe a les siennes », tranche-t-elle sans détour, tout en rappelant la nécessité de respecter le cadre constitutionnel et les traités internationaux. Bien qu'aucune proposition de loi n'ait suivi dans un pays ayant aboli la peine capitale, le pavé dans la mare est jeté.
L'icône d'une génération désinhibée
À 30 ans, la députée-maire de Gohitafla incarne cette nouvelle garde d'élus décomplexés, prompts à bousculer le ronronnement politique. Naviguant habilement entre sa proximité avec le pouvoir et ses accents d'indépendance depuis sa sortie du groupe parlementaire du RHDP, Naya Jarvis Zamblé dérange autant qu'elle fascine. Mais une chose est sûre : son style, sa franchise et sa poigne en font l'une des figures majeures de la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui.
⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Naya Jarvis Zamblé, élue députée à 25 ans en 2021 puis maire de Gohitafla en 2023, est la plus jeune élue de Côte d'Ivoire et cumule ces deux mandats. - Elle a lancé des débats polémiques, notamment sur l'encadrement juridique de la polygamie et le rétablissement de la peine de mort pour certains crimes, sans déposer de propositions de loi. - En novembre 2024, elle a annoncé son retrait du groupe parlementaire RHDP, affirmant son autonomie politique après une ascension rapide sous le mentorat d'Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko.
Auteur: Seneweb-News
Publié le: Jeudi 06 Août 2026 à 15h43
Mis à jour le: Jeudi 06 Août 2026 à 19h02