À l’approche du scrutin du 12 septembre, les rumeurs sur la nationalité de Cissé Souleymane réveillent de vieux réflexes politiques.
Le 12 septembre prochain, la présidentielle de la FIF s’annonce déjà comme un affrontement dépassant largement les frontières du football ivoirien.
Dans les coulisses, alliances, calculs et manœuvres alimentent désormais une rumeur persistante autour de l’invalidation possible de Cissé Souleymane candidat.
Le motif avancé repose sur une prétendue nationalité française qui deviendrait soudainement incompatible avec les ambitions fédérales ivoiriennes affichées.
Aucune preuve irréfutable ne circule véritablement, mais le soupçon suffit désormais pour fragiliser une candidature pourtant sérieusement envisagée aujourd’hui.
Plus qu’un argument juridique, cette polémique ressemble surtout à une stratégie classique visant discréditer un adversaire avant les élections fédérales.
Le scénario rappelle étrangement certaines campagnes politiques où la nationalité devient une arme plus efficace que les véritables débats démocratiques nationaux.
Hier, Alassane Ouattara fut présenté comme étranger par ses adversaires durant plusieurs années de confrontations politiques particulièrement virulentes nationales.
Aujourd’hui, Cissé Souleymane subirait des accusations comparables, simplement adaptées aux réalités d’une bataille électorale sportive devenue hautement stratégique nationale.
Pourtant, Didier Drogba, détenteur également d’une autre nationalité, avait pu présenter librement sa candidature sans provoquer semblable tumulte médiatique national.
Idriss Diallo participa lui aussi à cette compétition électorale sans que son patronyme suscite les mêmes interrogations identitaires persistantes publiques.
Depuis quand un nom Diallo serait-il automatiquement plus ivoirien qu’un Cissé ou même qu’un Drogba aux yeux de certains?
La question mérite d’être posée tant les critères semblent varier selon les intérêts électoraux, les circonstances et les rapports de force.
Ironiquement, certains invoquent aujourd’hui des textes réglementaires pour contester Cissé, dont la mère serait originaire de Kong et Kalamon.
Cette controverse dépasse désormais le football pour rejoindre les vieux démons identitaires qui divisent régulièrement le débat public ivoirien contemporain.
Lorsque la politique s’invite dans les stades, le ballon cesse souvent d’unir pour devenir un instrument supplémentaire de confrontation nationale.
photo:dr