Dans une déclaration rendue publique, Force aux Peuples (FaP) appelle à faire toute la lumière sur l’affaire présumée des dégrèvements fiscaux irréguliers évalués à 39 milliards de FCFA au sein de la Direction générale des Impôts. Tout en rappelant le principe de la présomption d’innocence, le parti exige une enquête indépendante, un audit des systèmes de gestion fiscale et une clarification des responsabilités administratives.
Affaire présumée des 39 milliards de FCFA à la Direction Générale des Impôts : la République exige la vérité, la justice, la responsabilité et la réforme. Force aux Peuples suit avec une attention particulière les informations relatives à la plainte déposée auprès du Pôle Pénal Économique et Financier concernant des soupçons de dégrèvements fiscaux irréguliers d’un montant annoncé de 39 milliards de FCFA au sein de la Direction Générale des Impôts.
Force aux Peuples tient d’abord à rappeler un principe fondamental de l’État de droit : toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à l’établissement définitif des responsabilités par la justice. Cependant, lorsque des soupçons portent sur plusieurs milliards de francs CFA provenant potentiellement des ressources publiques, l’enjeu dépasse largement les individus. Il concerne la confiance des citoyens dans leurs institutions, la capacité de l’État à protéger les recettes nationales et l’efficacité de notre système de gouvernance publique.
Les impôts ne sont pas une simple source financière pour l’administration. Ils représentent la contribution collective des citoyens au financement du développement national. Chaque ressource publique perdue par fraude, détournement ou défaillance de gouvernance constitue une atteinte potentielle aux droits fondamentaux du peuple : droit à l’éducation, droit à la santé, droit à un cadre de vie digne et droit au développement.
Force aux Peuples considère que la lutte contre la corruption ne peut pas se limiter à identifier quelques exécutants lorsque des scandales éclatent. Elle doit également interroger les mécanismes institutionnels, les dispositifs de contrôle et les responsabilités dans la chaîne administrative qui ont pu permettre l’apparition de telles dérives. La République ne doit pas seulement rechercher les auteurs éventuels des actes répréhensibles ; elle doit aussi comprendre comment un système public stratégique a pu être exposé à une telle vulnérabilité. C’est pourquoi notre Parti appelle à :
1. Une enquête judiciaire indépendante et complète, afin que toute la lumière soit faite sur les faits, les responsabilités individuelles, les éventuelles complicités et les bénéficiaires des opérations litigieuses.
2. Un audit approfondi des systèmes numériques de gestion fiscale, notamment les procédures de signature électronique, les niveaux d’habilitation, les accès aux plateformes et les mécanismes de contrôle interne.
3. L’établissement des responsabilités administratives et politiques en cas de défaillances avérées.
La présomption d’innocence ne saurait empêcher l’examen de la responsabilité des dirigeants publics chargés de garantir la sécurité, l’intégrité et le bon fonctionnement des institutions placées sous leur autorité. Si des manquements graves dans la supervision, le contrôle ou la prévention étaient établis, les responsables concernés devraient en tirer toutes les conséquences conformément aux principes de bonne gouvernance.
4. Un renforcement des institutions de contrôle de la République, afin que la prévention et la détection des irrégularités deviennent permanentes et non seulement une réaction après la survenue des crises.
5. Une véritable politique nationale de transparence publique, fondée sur la traçabilité des décisions administratives, la protection des lanceurs d’alerte, l’indépendance des organes de contrôle et l’obligation permanente de rendre compte aux citoyens.
Pour Force aux Peuples, la corruption n’est pas seulement un problème moral ou administratif. Elle constitue une injustice sociale profonde. Elle prive la collectivité de ressources nécessaires à l’amélioration des conditions de vie et renforce les inégalités. Notre pays a besoin d’une nouvelle culture de gouvernance : une République où l’argent public est considéré comme un patrimoine collectif appartenant au peuple ; une République où aucune fonction, aucun réseau et aucun pouvoir ne peuvent placer quelqu’un au-dessus des lois.
La modernisation de la Côte d’Ivoire ne peut pas seulement se mesurer au nombre d’infrastructures construites ou au taux de croissance économique. Elle doit aussi se mesurer à la solidité de ses institutions, à la confiance des citoyens et à la capacité de l’État à garantir une gestion juste, transparente et responsable des ressources nationales. Force aux Peuples réaffirme son engagement pour une Côte d’Ivoire de justice, de souveraineté et de prospérité partagée.
Pour Force aux Peuples
Le Porte-parole Principale
Le VP Marc Sinclair Assohou