Dans un émouvant plaidoyer, M. Didier Liga, propriétaire de bâtiment impacté par un déguerpissement en cours à Yopougon Attié, en appelle respectueusement à la magnanimité du Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, pour que les indemnisations prévues soient enfin payées.
Monsieur le Président de la République, cher Papa,
Nous rendons grâce au Seigneur pour votre précieuse vie et nous élevons continuellement des prières afin que la grâce divine, la sagesse et la force vous accompagnent dans la noble mission qui est la vôtre à la tête de notre chère nation. Nous bénissons Dieu qui vous a établi à la magistrature suprême de notre pays et qui, à travers votre vision, permet la réalisation de nombreuses infrastructures destinées à améliorer les conditions de vie des populations ivoiriennes.
C'est avec un profond respect, mais également avec une grande douleur dans le cœur, que nous venons aujourd'hui porter à votre connaissance une situation qui plonge de nombreuses familles dans l'incertitude et la souffrance. Dans le cadre de la réalisation du projet du BRT, notre bâtiment ainsi que ceux de plusieurs autres citoyens ont été identifiés comme se trouvant dans l'emprise du projet, notamment dans la zone de Yopougon Attié 8ᵉ tranche.
Dans un esprit de patriotisme, de confiance et de collaboration avec l'État, nous avons accepté de nous soumettre à toutes les procédures relatives aux indemnisations. Les services du PTUA nous avaient alors rassurés que les indemnisations interviendraient rapidement après les signatures des accords, et qu'aucune démolition ni aucun démarrage effectif des travaux ne seraient engagés avant le paiement des compensations prévues. Faisant confiance à la parole de l'administration, nous avons coopéré sans réserve. Nous avons fourni les documents demandés. Nous avons accepté les évaluations proposées. Nous avons signé les accords. Nous avons consenti à de nombreux sacrifices pour faciliter la réalisation de ce projet d'intérêt national.
Mais aujourd'hui, avec tristesse, nous constatons que plus d'une année s'est écoulée sans que les indemnisations promises ne nous aient été versées. Plus d'une année d'attente. Plus d'une année d'incertitude. Plus d'une année de souffrance silencieuse. Et les conséquences sont devenues dramatiques. Certaines familles ont déjà quitté les lieux dans des conditions extrêmement difficiles. D'autres, faute de moyens, demeurent encore dans la zone concernée, sans savoir où aller ni comment préparer leur avenir. De nombreux parents ne peuvent ni relocaliser leurs familles ni inscrire sereinement leurs enfants dans de nouveaux établissements scolaires. La majorité des locataires, considérant les bâtiments comme voués à la démolition, refusent désormais de payer leurs loyers. Les propriétaires, privés de leurs principales ressources, se retrouvent plongés dans une précarité financière inquiétante. Des personnes âgées, qui dépendaient de ces revenus locatifs pour se nourrir et se soigner, vivent aujourd'hui dans une grande détresse. Malheureusement des décès ont été enregistrés dans leurs rangs à cause de cette situation. Dans leur désarroi, certains propriétaires ont même été contraints de décoiffer leurs bâtiments dans l'attente de l'exécution du projet. Ces édifices inachevés sont devenus des lieux d'insécurité et de dégradation qui affectent toute la vie du quartier. Même nos lieux de culte se vident progressivement, tant les populations quittent la zone ou vivent dans une profonde incertitude.
Cher Papa,
Cette situation n'est plus simplement un dossier administratif. Derrière chaque numéro de dossier se trouve une famille. Derrière chaque signature se trouve une espérance. Derrière chaque retard se cache une souffrance réelle. Nous avons appris que les dossiers ont été transférés du PTUA au PMUA. Cependant, ce qui alimente aujourd'hui notre inquiétude, c'est de constater que les travaux du BRT ont effectivement commencé sur le terrain alors même que les indemnisations n'ont toujours pas été versées. L'engagement qui nous avait été présenté, selon lequel les travaux interviendraient après les indemnisations, n'ayant pas été respecté, nous craignons désormais que les démolitions surviennent avant même que les populations concernées n'aient reçu ce qui leur est dû.
C'est pourquoi nous crions humblement vers vous aujourd'hui. Et ma voix n'est pas seulement la mienne. Elle porte celle de nombreuses familles, de nombreux pères, de nombreuses mères, de nombreuses personnes âgées et de nombreux enfants qui, dans leur douleur, s'adressent à vous avec confiance : Au secours, Papa Président. Nous connaissons votre sens élevé de la justice. Nous connaissons votre attachement au bien-être des populations. Nous connaissons votre générosité et votre compassion envers ceux qui souffrent. C'est pourquoi nous gardons l'espérance qu'un mot de votre part, une instruction de votre haute autorité, permettra de débloquer cette situation et de rendre à ces familles la dignité qu'elles attendent depuis si longtemps.
Nous tenons à réaffirmer avec force que nous ne sommes nullement opposés à la réalisation de ce grand projet de développement. Bien au contraire. Nous soutenons pleinement cette initiative qui contribuera à moderniser notre pays et à améliorer la mobilité des populations. Notre seule attente demeure le paiement des indemnisations qui nous ont été promises et qui nous sont légitimement dues, afin que chacun puisse se reloger, se réorganiser et reconstruire sa vie dans la dignité.
Dans l'attente d'une issue favorable, nous vous exprimons, Excellence Monsieur le Président de la République, notre profond respect, notre admiration et notre reconnaissance pour votre engagement constant au service de la Côte d'Ivoire. Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l'expression de notre très haute considération.
Que Dieu vous bénisse abondamment, vous accorde une parfaite santé et continue de faire prospérer l'œuvre de vos mains pour le bonheur de notre nation. Nous vous aimons et prions pour vous.
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