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3 ans après les municipales à Tiassalé, le bras droit d’Assalé Tiémoko revendique les écrits diffamatoires contre Alpha Sanogo: « Oui c’était moi »

3 ans après les municipales à Tiassalé, le bras droit d’Assalé Tiémoko revendique les écrits diffamatoires contre Alpha Sanogo: « Oui c’était moi »

En 2023, Alpha Sanogo, secrétaire départemental du RHDP Tiassalé et actuel député, saisissait la DITT pour identifier l’auteur de publications jugées calomnieuses. Trois ans plus tard, en réponse à une sortie du député, Bédé Alexandre, proche du maire Assalé Tiémoko, revendique lui-même les faits.

En 2023, Alpha Sanogo, secrétaire départemental du RHDP Tiassalé et actuel député, saisissait la DITT pour identifier l’auteur de publications jugées calomnieuses. Trois ans plus tard, en réponse à une sortie du député, Bédé Alexandre, proche du maire Assalé Tiémoko, revendique lui-même les faits.

2023 : Une plainte pour démasquer « l’avatar »

Le 30 janvier 2023, Alpha Sanogo, alors secrétaire départemental RHDP de Tiassalé, saisit la Direction de l’information et des traces technologiques (DITT) par l’entremise de son avocat, Me Achille GOGO.

La raison : un article publié le 27 janvier sur la page Facebook « Tiassalé La Renaissance ». L’auteur, non identifié, y accusait le responsable RHDP d’avoir fait « emprisonner injustement un jeune homme » et l’impliquait dans des pratiques « mystiques ».

La plainte invoque l’article 60 de la loi sur la cybercriminalité qui punit « le fait pour toute personne de proférer ou d’émettre toute expression outrageante… par le biais d’un système d’information », d’un à cinq ans d’emprisonnement et de 5 à 10 millions FCFA d’amende.

Selon Me GOGO, l’auteur avait « outragé Monsieur SANOGO DRAMANE ALPHA et commis une infraction pénale ». La plainte ne citait aucun nom. L’objectif était clair : démasquer celui qui se cachait derrière la page. Le dossier n’avait connu aucune suite publique.

25 juillet 2026 : La sortie d’Alpha Sanogo

Mais le samedi 25 juillet 2026, Alpha Sanogo, devenu député de Tiassalé et Morokro suite à l’élection législative de décembre 2025, réunit ses militants au QG du RHDP Tiassalé. Le contexte est tendu : plusieurs jeunes, dont Irié Bi Irié Georges-Arnaud, ont été convoqués suite à des plaintes du maire Assalé Tiémoko.

Face à cette situation, le député s’indigne et marque sa différence: «Nous ne sommes pas des gens qu’on peut intimider. Ils ont perdu la députation. Ils vont finir par perdre la mairie. Notre combat c’est un combat pacifique. Nous n’allons pas mettre un adversaire en prison. Nous allons faire le débat d’idées. Notre objectif, c’est conquérir la mairie et personne ne pourra nous en détourner », charge-t-il. Une pique directe au maire Assalé Tiémoko, accusé d’avoir fait convoquer 7 jeunes opposés à sa gestion.

27 juillet 2026 : Bédé Alexandre revendique

Deux jours plus tard, lundi 27 juillet, la réponse tombe sur les réseaux sociaux. Bédé Alexandre, notoirement connu comme un proche du maire Assalé Tiémoko, reconnaît être l’auteur des fameuses publications contre Alpha Sanogo.

Dans une longue publication, il raconte avoir été convoqué à la PLCC en 2023, « le jour du décès de ma mère ». Auditionné de 10h à 17h, puis une seconde fois, avant une convocation au tribunal de Tiassalé. « Je suis informé, avec étonnement, que c’est monsieur Alpha SANOGO », écrit-il.

En publiant ce texte, Bédé Alexandre avoue de fait être l’auteur de la publication visée par la plainte de 2023. Il précise qu’il était alors « responsable de la communication » de l’équipe municipale. Il justifie son silence de l’époque par la volonté de « préserver l’essentiel à Tiassalé » et dénonce aujourd’hui la « récupération politicienne » des convocations de 2026.

Le débat quitte les idées pour les tribunaux

L’énigme est donc refermée. La plainte qui cherchait un auteur anonyme en 2023 a trouvé son nom en 2026 : Bédé Alexandre. La question qui se pose désormais à Tiassalé, à deux ans des municipales de 2028, est de savoir si cette « confession » publique va relancer le dossier de 2023.

De son côté, le maire Assalé Tiémoko, lui, annonce un déluge de procédures judiciaires contre toute personne qui s’attaquera à sa gestion. Sur sa page Facebook, il prévient : « Je déposerai autant de plaintes que nécessaire, et chacune de ces procédures sera menée jusqu’à son terme ». En clair, le débat politique à Tiassalé semble avoir définitivement quitté le terrain des idées pour s’installer dans les prétoires.

Junior Ouattara

Source : lemeridien.ci