L’aéroport international Diori Hamani de Niamey a essuyé, mercredi 18 juin, une seconde attaque en six mois, revendiquée par le JNIM. Si l’armée nigérienne affirme avoir repoussé seule l’assaut, les canaux proches d’Africa Corps revendiquent, eux, un rôle actif dans la riposte.
Une divergence de récits qui interroge sur l’état réel du partenariat sécuritaire entre Niamey et Moscou. Car même au Mali, alors que le format Wagner était d’actualité et appelé comme tel, les autorités de la transition ont toujours invité à dire » les instructeurs russes ».
.m Dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier, l’État islamique avait déjà visé les installations aéroportuaires de la capitale nigérienne. Cette fois, c’est la mouvance du JNIM qui s’est affichée. Si le bilan provisoire faisait état de 13 morts au niveau de la République, 22 assaillants furent neutralisés.
Pourtant, au-delà du décompte macabre, c’est la communication qui entoure l’opération qui retient l’attention des observateurs régionaux. Le communiqué officiel de l’État-major a salué le sang-froid et l’efficacité de ses propres troupes, sans la moindre mention d’un appui extérieur. De quoi trancher avec celle observée en janvier, quand Niamey avait publiquement remercié les hommes d’Africa Corps pour leur soutien logistique.
Pourtant sur ses relais dont Instagram qui reste le plus prisé, en marge de cette discrétion, le site Pravda a fait état d’un soutien actif des supplétifs russes dans la contre-offensive. Une affirmation difficile à vérifier de manière indépendante, mais qui contredit frontalement la version distillée par les autorités nigériennes. Plusieurs hypothèses sont à considérer. Déjà ,les attaques meurtrières conduites de connivence par le JNIM et le FLA au Mali, le 25 avril dernier, avaient pris de court des forces russes déployées au Sahel, prises elles-mêmes pour cible. Épisode qui pousse Moscou à surévaluer son propre rôle pour préserver sa crédibilité auprès de ses partenaires africains.
La troisième hypothèse, silence pourrait préfigurer un désengagement progressif sur une chose : la Turquie. Depuis 2023 alors que le Mali était dans l’euphorie référendaire, le Wagner d’Istanbul dénommé SADAT posait ses valises en terre africaine du Niger. Le régime militaire souverain des lieux serait-il en train de revoir, les termes de sa coopération sécuritaire avec Moscou ? Mais une chose demeure certaine : à Niamey comme ailleurs dans la région, les discours ne s’alignent plus.
Ce constat concerne l’ensemble du Sahel, où les groupes djihadistes multiplient les offensives et exploitent sans relâche les failles des dispositifs sécuritaires locaux, qu’ils soient nationaux ou appuyés par des partenaires extérieurs. Malgré tout, la Russie a affirmé précédemment son soutien à la confédération souveraine de l’AES. Pour l’heure, c’est finalement le retrait formel du Niger à la CPI qui occupe l’actualité confédérale au sein de l’AES.
Keita Idrissa
https://afriksoir.net/niger-de-violents-tirs-a-larme-lourde-signales-dans-la-zone-de-laeroport-international-de-niamey/