Le Tribunal d’Abidjan-Plateau a condamné 31 agents des Affaires maritimes à douze mois de prison ferme après la grève du SYNABEPAM. Trois prévenus ont été relaxés, faute de preuves suffisantes.
Le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau a condamné 31 agents de la Direction générale des Affaires maritimes (DGAM) à douze mois de prison ferme. Ils étaient poursuivis après leur arrestation lors de la manifestation du 8 juin 2026, organisée dans le cadre du mouvement de grève lancé par le Syndicat Agir pour le Bien-être du Personnel des Affaires maritimes (SYNABEPAM).
Le verdict, rendu le mardi 23 juin 2026, met un terme à la première étape judiciaire de cette affaire qui a secoué l’administration maritime ivoirienne. Sur les 34 agents interpellés, 31 ont été reconnus coupables de troubles à l’ordre public, d’attroupement et de voies de fait. Trois autres ont été relaxés, le tribunal estimant que les éléments retenus contre eux étaient insuffisants.
« Le tribunal a condamné 31 des 34 agents à une peine de douze mois d’emprisonnement ferme», indique la Direction générale des Affaires maritimes dans un communiqué publié après la décision. Le document précise également que « les avocats de la défense ont maintenant vingt jours pour faire appel de cette décision après le verdict ».
Un dialogue social interrompu
« Nous voulons simplement le paiement de nos indemnités contributives au logement et la prise en compte de nos revendications », expliquait de son côté Madjou Glé Henri, secrétaire général du syndicat. « Une lutte syndicale où nous avons demandé à nos camarades de participer sans armes, mais plutôt avec des pancartes, ne peut être assimilée à un trouble à l'ordre public ».
Mais dans son communiqué revenant sur l’origine de la crise, la DGAM assure que, malgré les discussions engagées avec les représentants du personnel et les avancées obtenues sur plusieurs revendications, deux points restaient encore en négociation lorsque le SYNABEPAM a lancé son mot d’ordre de grève le 6 juin.
Les autorités expliquent qu’une nouvelle rencontre s’est tenue le 7 juin entre les responsables syndicaux et le directeur de cabinet du ministère des Transports et des Affaires maritimes. L’objectif affiché était de préserver le dialogue social en attendant le retour du ministre, annoncé pour le 9 juin.
« Le Ministre des Transports et des Affaires Maritimes a même joint le bureau dudit syndicat afin de lui demander d’attendre son retour avant toute action », souligne le communiqué.
Une manifestation suivie d’arrestations
Malgré ces échanges, le SYNABEPAM a maintenu son appel à la grève le 8 juin, regrette la DGAM. La mobilisation a donné lieu à une manifestation au cours de laquelle 34 agents ont été arrêtés, avant d’être traduits devant la justice.
Pour l’administration des Affaires maritimes, cette décision de poursuivre le mouvement est à l’origine des événements ayant conduit aux poursuites judiciaires.
Le jugement ouvre désormais une nouvelle phase dans ce dossier. Les avocats des agents condamnés disposent d’un délai de vingt jours pour interjeter appel, ce qui pourrait prolonger la procédure judiciaire dans cette affaire sociale.
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