Le sélectionneur des Éléphants de Côte d’Ivoire, Emerse Cas, ce mercredi 24 juin 2026, en conférence de presse d'avant match, au stade de Philadelphie, a situé l’importance du match contre Curaçao pour son équipe.
Aujourd'hui, pouvez-vous nous donner des nouvelles de la santé de Wilfried Singo ? Qu'en est-il exactement ?
Après le communiqué de la
Fédération Ivoirienne de Football hier* , nous souhaitions obtenir plus de précisions. De quoi souffre-t-il ?_
Pour obtenir des précisions sur la blessure de Singo, le staff médical sera le mieux placé pour vous répondre. Personnellement, je ne suis pas qualifié pour interpréter les diagnostics des radiographies. Je n'ai donc pas d'éléments supplémentaires à vous fournir par rapport au communiqué publié hier par la fédération.
On peut s'y attendre, Curaçao risque d'évoluer avec un bloc défensif très regroupé pour procéder par contres.
Quelle sera la clé, selon vous, pour dynamiser votre animation offensive et forcer le verrou sans vous faire surprendre en contre-attaque ?
La clé résidera dans notre capacité à afficher le même sérieux, le même état d'esprit et la même intensité que face à l'Équateur et à l'Allemagne. Si nous respectons notre adversaire de demain et que nous nous montrons performants dans ces différents secteurs, nous aurons de grandes chances de nous qualifier pour les seizièmes de finale.
Quel est l'état d'esprit actuel du groupe ?
L'état d'esprit est excellent. Nous avons eu le temps de bien récupérer et de digérer la défaite de samedi face à l'Allemagne. Les joueurs sont conscients qu'ils sont tout proches d'une qualification historique pour le deuxième tour d'une Coupe du Monde. À l'entraînement tout à l'heure, je les ai sentis très bien, pleinement concernés et particulièrement motivés à l'idée d'aller chercher cette qualification.
Comment percevez-vous Curaçao en tant que nation de football ? Ils ont un sélectionneur néerlandais, de nombreux joueurs évoluant ou ayant évolué en Europe ainsi que des binationaux néerlandais, mais ils viennent des Caraïbes. Les considérez-vous comme un adversaire au style européen ou plutôt latino-américain ?
(Sourire) Je ne dirais pas que c'est un adversaire purement européen, ce serait mentir, même si plusieurs joueurs sont nés aux Pays-Bas. Sur le plan footballistique, ils ont prouvé leur valeur contre l'Équateur. Après une lourde défaite 7-1 face à l'Allemagne, cette équipe a su puiser dans ses ressources mentales pour arracher un match nul face aux Équatoriens. C'est un collectif qui met beaucoup d'agressivité, qui s'appuie sur une grande solidarité et possède des attaquants capables de faire des différences individuelles. Nous nous attendons donc à un match compliqué demain, comme le sont toutes les rencontres de Coupe du Monde. D'autant plus qu'avec leur nul contre l'Équateur, ils conservent une chance de se qualifier pour le tour suivant.
Parlons tactique. Lors de l'un des deux derniers matchs, vous aviez installé un système en 4-3-3 face à une équipe supposée plus faible. Pourrait-on voir un dispositif plus audacieux demain, avec quatre attaquants par exemple, pour bousculer d'entrée cette équipe ?
(Sourire) Pourquoi pas ? Contre l'Équateur, nous avons d'ailleurs évolué avec quatre attaquants : Bayo, Ousmane, Yan, Nico et Élie. Vous savez, nous ne regardons pas le classement FIFA de nos adversaires pour préparer nos matchs. Nous verrons donc demain si nous débutons avec quatre attaquants ou si nous privilégions un milieu à trois.
Evan Ndicka sera-t-il disponible pour demain ?
Oui, Evan est disponible pour le match de demain, il est parfaitement sélectionnable.
On vous trouve très modeste dans vos propos. Pourtant, le sélectionneur de Curaçao, qui s'est exprimé juste avant vous, a souligné que la Côte d'Ivoire possède une très belle équipe qui a notamment battu la France. Il a ajouté qu'après leur nul face à l'Équateur, ses joueurs allaient utiliser toutes leurs armes offensives pour vous bousculer demain. Qu'en pensez-vous ?
Il a tout à fait raison. Il n'est pas venu ici pour nous offrir des points ni pour nous regarder jouer, sa démarche est donc tout à fait logique. J'aurais fait exactement la même chose à sa place. Avec un point au compteur et un seul match restant, j'aurais joué le tout pour le tout pour gagner et me qualifier pour les seizièmes de finale. C'est le jeu.
Comment avez-vous vécu le déferlement de critiques sur les réseaux sociaux contre votre attaquant — pour ne pas dire notre attaquant — Simon Adingra juste après le match ? Et que lui avez-vous dit pour lui remonter le moral ?
Je n'ai pas vu ce déferlement... Comment avez-vous appelé cela ?
Ah, les réseaux sociaux ! Si vous êtes ivoirien, vous savez bien que moi et les réseaux sociaux, cela fait deux. Je ne sais pas ce qui s'y dit, et cela ne m'intéresse pas. Je ne me fie jamais aux plateformes en ligne pour composer mon équipe, prendre mes décisions ou gérer mon groupe.
Concernant Simon, il a manqué une occasion, comme cela arrive à tout footballeur. Personnellement, je ne lui en veux pas du tout. C'est ce que je lui ai dit, et c'est le message que j'ai passé au groupe : je n'ai aucun problème particulier avec les erreurs techniques ou de jeu. Le plus important pour moi, c'est qu'il lève la tête et se remette au travail. Des buts pour la Côte d'Ivoire, il en a déjà marqué, il en marquera d'autres, et il en ratera malheureusement aussi. Cette action ne change absolument rien à la confiance que j'accorde à Simon. Les critiques font partie de notre métier. Je lui demanderai ce soir s'il a jeté un œil aux réseaux sociaux et, si c'est le cas, de me dire ce qu'il s'est dit, mais je doute fort qu'il ait regardé.
Vous expliquiez que les joueurs sont très motivés à l'idée d'écrire l'histoire du football ivoirien en franchissant ce tour. C'est aussi une opportunité pour vous, en tant que technicien, d'inscrire votre nom dans l'histoire de la sélection. Qu'est-ce que cela vous fait personnellement ?
Comme tout être humain, cela me ferait énormément plaisir. Ce serait une immense fierté pour le groupe et pour le pays de passer ce premier tour. Cependant, nos ambitions vont au-delà. Nous serons très heureux si cela se réalise demain, mais nous continuerons à regarder devant nous pour atteindre l'objectif que nous nous sommes fixé : aller le plus loin possible dans cette compétition.
Vous êtes venu avec un groupe de 26 joueurs et vous en avez utilisé 18 jusqu'à présent. Il en reste donc 8. Demain, comptez-vous faire tourner l'effectif pour reposer certains cadres et donner du temps de jeu à ceux qui n'ont pas encore joué ?
Notre objectif n'est pas de faire jouer les 26 joueurs sélectionnés simplement pour leur faire plaisir, mais bien d'atteindre nos objectifs sportifs. Comme nous le répétons depuis le début de cette conférence, la priorité absolue demain est de gagner pour se qualifier.
Nous alignerons la meilleure équipe possible en tenant compte de l'état de forme du groupe, des caractéristiques de l'adversaire et du plan de jeu que nous souhaitons mettre en place. Si le scénario du match nous permet de faire participer tout le monde, nous le ferons avec plaisir, mais la priorité reste l'efficacité collective et la qualification.