Les violences à l’encontre des populations clés restent à un niveau préoccupant en Côte d’Ivoire. En 2025, 1 732 cas ont été recensés, impliquant notamment les travailleuses du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les personnes transgenres, les usagers de drogues, ainsi que les personnes vivant avec le VIH, les malades de la tuberculose et les jeunes filles victimes d’exploitation sexuelle. Au premier trimestre 2026, 580 nouveaux cas ont déjà été documentés, confirmant la persistance du phénomène.
Ces données ont été présentées le mercredi 17 juin 2026 à Abidjan, au siège de l’ONG Enda Santé Côte d’Ivoire, situé à Cocody, à l’occasion d’un atelier de restitution des résultats de l’Observatoire communautaire des droits humains couvrant l’année 2025 et les trois premiers mois de 2026.
Selon Emile Gouané, chargé du suivi-évaluation au sein de l’organisation, les violences continuent de toucher de manière disproportionnée certains groupes. Pour le premier trimestre 2026, les travailleuses du sexe constituent la catégorie la plus affectée avec 174 cas enregistrés. Il a également indiqué que la région sanitaire d’Abidjan 2, regroupant notamment Adjamé-Plateau, Cocody-Bingerville, Marcory-Treichville, Koumassi et Port-Bouët, enregistre le plus grand nombre de cas au niveau national, avec 129 incidents recensés.
Ces résultats s’inscrivent dans le cadre de la subvention GC7 accordée à l’ONG depuis 2024, qui permet de renforcer les dispositifs de veille communautaire et de prise en charge des victimes. Mariam Sawadogo, cheffe du département Droits humains au sein de Enda Santé Côte d’Ivoire, a souligné que tous les cas documentés ont fait l’objet d’un accompagnement adapté, incluant des services sanitaires, psychologiques, médicaux et, lorsque nécessaire, un appui judiciaire, en fonction du consentement des victimes.
Elle a également insisté sur les actions menées pour encourager les victimes à rester dans les parcours de soins, notamment pour les personnes vivant avec le VIH, afin d’atteindre une charge virale indétectable. Concernant les patients atteints de tuberculose, l’objectif est d’assurer un suivi régulier permettant d’aboutir à la guérison complète. Au-delà des chiffres, l’ONG met en lumière la question de la stigmatisation et des discriminations persistantes. Pour Mariam Sawadogo, ces populations, bien que souvent marginalisées ou mal perçues, font partie intégrante de la société ivoirienne et interagissent quotidiennement avec l’ensemble de la population.
Elle estime ainsi que la lutte contre les violences constitue un enjeu majeur de santé publique. « Il est essentiel que ces violences cessent afin de garantir un meilleur accès aux soins, au dépistage et au maintien dans les traitements », a-t-elle déclaré, appelant à un renforcement des actions de protection des droits humains et de sensibilisation communautaire.
Afriksoir