Tafiré, 23 juin 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire et la Banque islamique de développement (BID) ont franchi une nouvelle étape dans la réalisation du corridor autoroutier Abidjan–frontières du Burkina Faso et du Mali avec la signature d’un accord de financement de 235 millions de dollars américains, soit environ 130 milliards de francs CFA, destiné à la construction du tronçon Tafiré–Ferkessédougou long de 60 kilomètres. Des usagers de la Nationale A3 et des habitants de Tafiré, interrogés par l’AIP, lundi 22 juin 2026, saluent déjà ce projet autoroutier à venir.
L’accord a été signé le 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan, par le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, et le président du Groupe de la Banque islamique de développement, Dr Muhammad Sulaiman Al Jasser, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Selon les informations officielles, ce financement additionnel porte à près d’un milliard de dollars américains la contribution globale de la BID à la réalisation de ce corridor stratégique, tandis que le portefeuille actif de l’institution financière en Côte d’Ivoire s’élève actuellement à 2,2 milliards de dollars répartis sur 22 opérations.
La future infrastructure routière vise à renforcer les échanges commerciaux entre la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali, tout en consolidant le rôle du Port autonome d’Abidjan comme principale plateforme logistique de l’Afrique de l’Ouest.
Pour la région du Hambol, située au centre-nord du pays, ce projet représente une opportunité majeure de transformation économique. Le prolongement de l’autoroute vers le nord devrait contribuer à fluidifier le trafic des personnes et des marchandises, réduire les délais de transport, améliorer la sécurité routière et favoriser l’attractivité des territoires traversés.
La ville de Tafiré apparaît comme l’un des principaux bénéficiaires de cette nouvelle infrastructure. Déjà dotée d’une gare ferroviaire sur l’axe Abidjan–Ouagadougou, la localité pourrait renforcer son positionnement en tant que carrefour multimodal de transport, combinant les avantages du rail et de la route.
Cette complémentarité entre les réseaux ferroviaire et autoroutier est susceptible de stimuler les activités économiques locales, notamment le commerce, le transport, la logistique, l’agriculture et les services. Elle pourrait également favoriser l’installation de nouvelles unités de transformation et de stockage de produits agricoles, tout en créant des opportunités d’emplois pour les populations locales.
Au-delà de Tafiré, les départements de Niakara, Dabakala, Katiola et l’ensemble des localités du Hambol devraient tirer profit d’une meilleure connectivité avec les grands centres économiques du pays et les marchés sous-régionaux.
Le conducteur de camion-remorque, Issa Sawadogo, qui assure régulièrement le transport de marchandises entre le Port autonome d’Abidjan et le Burkina Faso, a salué une initiative qui, selon lui, contribuera à améliorer considérablement les conditions de circulation sur cet important corridor sous-régional.
« Nous passons plusieurs heures sur certains tronçons à cause de l’étroitesse de la route et de la forte circulation. Avec l’autoroute jusqu’à Ferkessédougou, nous gagnerons du temps, réduirons les coûts d’exploitation et pourrons effectuer davantage de rotations », a-t-il déclaré.
Même satisfaction chez son collègue Adama Koumaré, transporteur sur l’axe Abidjan–Mali, qui estime que le projet renforcera la sécurité des usagers de la route.
« Pour nous les chauffeurs de poids lourds, une autoroute moderne représente moins de risques d’accidents, moins de pannes liées à l’état de la chaussée et une meilleure prévisibilité des délais de livraison. C’est une très bonne nouvelle pour toute la chaîne logistique », a-t-il affirmé.
À Tafiré, les populations perçoivent également cette infrastructure comme une source d’opportunités économiques. Pour Souleymane Koné, commerçant et habitant de la ville, l’arrivée de l’autoroute pourrait accélérer le développement local.
« Tafiré est déjà un point de passage important grâce au chemin de fer. Avec l’autoroute, davantage d’investisseurs et d’opérateurs économiques pourraient s’intéresser à notre ville. Cela va favoriser la création d’emplois pour les jeunes et dynamiser les activités commerciales », a-t-il soutenu.
Inscrit parmi les projets structurants du PND 2026-2030, le corridor autoroutier du Nord est considéré par les autorités ivoiriennes comme un instrument essentiel de transformation économique, de désenclavement des territoires et de renforcement de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.