Une nouvelle technologie de fabrication de briques est en train de s’imposer dans le nord de la Côte d’Ivoire. Produites à partir de gravillons plutôt que de sable, ces briques industrielles, communément appelées « agglos », promettent de réduire les coûts, d’accélérer les chantiers et d’améliorer la qualité des constructions.
Au carrefour Aéroport, sur la route du village de Moroviné, des ouvriers étaient à pied d’œuvre le 18 juin pour fabriquer ces nouveaux matériaux destinés aussi bien aux maisons qu’aux immeubles.
« Ici, nous n’utilisons pas de sable, mais des gravillons 0/5 pour fabriquer les agglos. Cette méthode évite les longues étapes de fabrication des briques traditionnelles, notamment le moulage, l’arrosage et le temps de séchage. Elle garantit également une meilleure solidité des ouvrages et permet une construction plus rapide », explique S. Kolotioloma, l’un des promoteurs du projet.
Les fabricants proposent plusieurs modèles adaptés aux besoins des chantiers : agglos creux de 10 cm, agglos creux de 12 cm, agglos pleins de 12 cm, agglos creux de 15 cm et agglos pleins de 15 cm. Les prix varient selon les dimensions et les caractéristiques des produits.
L’arrivée de ces briques industrielles suscite toutefois des réactions contrastées. Certains professionnels restent attachés au procédé traditionnel, qui consiste à faire fabriquer les briques sur le chantier avec du sable acheminé par camion et un arrosage régulier avant leur utilisation.
D’autres, en revanche, estiment que cette innovation apporte une réponse aux difficultés rencontrées dans la filière classique. Ils dénoncent notamment les pertes de matériaux, la réduction du volume réel des brouettes de sable, le détournement de sacs de ciment et d’autres pratiques qui, selon eux, compromettent la qualité des briques et la résistance des constructions.
Face à ces arguments, les promoteurs des agglos industriels espèrent convaincre davantage de particuliers et d’entreprises du bâtiment d’adopter cette solution, présentée comme plus rapide, plus fiable et mieux adaptée aux exigences de la construction moderne en Côte d’Ivoire.