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Côte d’Ivoire : « Il faut accepter d’affronter Guillaume Soro dans les urnes pour tester sa popularité » (Alicia Puedé, GPS Espagne)

Côte d’Ivoire : « Il faut accepter d’affronter Guillaume Soro dans les urnes pour tester sa popularité » (Alicia Puedé, GPS Espagne)

Dans cette interview qu’elle nous a accordée, Alicia Puede Déléguée GPS Espagne, membre du Comité d’Orientation et de Coordination (COC), se montre perplexe devant la dissolution de la CEI en vue de son remplacement par une nouvelle structure. Elle rappelle les propositions clées de GPS pour un système éléctoral réellement independant et transparent.

Dans cette interview qu’elle nous a accordée, Alicia Puede Déléguée GPS Espagne, membre du Comité d’Orientation et de Coordination (COC), se montre perplexe devant la dissolution de la CEI en vue de son remplacement par une nouvelle structure. Elle rappelle les propositions clées de GPS pour un système éléctoral réellement independant et transparent.

Le gouvernement ivoirien par la voix du Premier Ministre Beugré Mambé, a présenté ce lundi aux partis politiques et à la société civile, une proposition d’architecture pour le futur organe électoral après la dissolution de l’exCommission Electorale Indépendante (CEI). Cette proposition repose sur trois piliers essentiels : un organe chargé exclusivement de l’organisation matérielle des élections, un second dédié au recensement et à la centralisation des votes afin de garantir la sincérité des résultats, et un troisième investi d’une mission de supervision et de contrôle de l’ensemble du processus électoral.

Que pensez-vous de cette architecture?

Vue la déclaration du Premier ministre,  portant sur les grandes orientations de la réforme de la gouvernance,  je sens  le début d’une nouvelle ère politique. Mais, je reste perplexe, car dans la forme, c’est très beau,  il reste à voir le fond. Nous voulons tous la paix, le calme et une démocratie. Nous voulons une élection apaisée, transparente, et inclusive. C’est au gouvernement de mettre tout en place pour rendre possible la paix en Côte d’Ivoire. On ne peut pas allumer le feux et se plaindre de la fumée que produit ce feux. On ne peut non plus jouer à un jeux avec quelqu’un qui sait jouer aux jeux qu’on veut jouer plus nous.

Les autorités soutiennent que la dissolution a été faite pour prendre en compte les nombreuses critiques contre la CEI qui était considérée notamment par les partis d’opposition comme étant à la solde du pouvoir. Que répondez-vous face à cet argument ?

C’est une concession apparente qui cache mal une stratégie de conservation du pouvoir. Reconnaitre les failles de l’ancienne CEI est une chose mais la véritable question est celle dela sincérité de la démarche. Si le pouvoir à mis tant de temps à concéder cette réforme, c’est qu’il y a été contraint par la réalité politique et la pression démocratique. J’espère que c’est l’ouverture vers un nouveau système qui n’est pas biaisé par avance, et non plus de la poudre aux yeux pour endormir les Ivoiriens, car cela doit vraiment prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre à toutes nos revendications. Il faut surtout tenir compte des propositions du leader de GPS.

Quelles  sont ces propositions ?

Je vais vous en citer quelques-unes : ✓ La révision de la liste électorale ✓ Le respect de nombre mandat ✓ Le respect des règles du jeu démocratique ✓ Le respect de la constitution ✓ La suspension des poursuites judiciaires contre Guillaume Soro ✓ La réintégration de Guillaume Soro sur la liste électorale ✓ La libération des prisonniers politiques ✓ Garantir le droit d’être candidat aux élections… L’on rétorque aux opposants que les principaux partis d’opposition étaient représentés au sein de l’ex CEI et que leurs défaites électorales étaient plutôt le résultat de leur impopularité sur le terrain et non le fait d’une impartialité de la CEI ? Pour parler de la défaite de l’opposition, il faut d’abord souligner qu’il n’y a pas eu d’élections proprement dite, ensuite il faut parler primo des différentes figures majeures écartées pour rendre l’opposition moins compétente. Secundo, le faible taux de participation de la population en générale. Enfin, les fraudes massives du RHDP, ont donné lieu à la défaite de l’opposition. Si le Président Guillaume Soro avait participé ainsi que le Président Laurent Gbagbo et le Président Thiam, l’opposition serait en tête. Le RHDP sachant cela, a taillé les adversaires à sa mesure à elle pour gagner les élections.

Un collectif de partis politiques et d’organisations de la société civile mené par  Simone Gbagbo avec la participation de d’Ahoua Don Mello, propose un Haut Conseil Électoral (HCE), une institution qu’ils veulent juridiquement et financièrement indépendante de l’exécutif,  et également indépendante des partis La déléguée GPS Espagne convaincue que le RHDP a peur d’affronter Guillaume Soro dans les urnes. politiques. Que pensez-vous de cette proposition ?

L’idée dans le fond est bonne, c’est une contribution de haute valeur qui va dans le sens du progrès démocratique. Avoir une institution juridiquement et financièrement indépendante de l’Exécutif,  rejoint les aspirations profondes de GPS. Cette proposition a le mérite de poser le diagnostic réel de notre crise institutionnelle. Il faut d’abord résoudre le problème causé par l’ancienne CEI. Nous avons des personnes toujours en prison et en exil, il faut qu’on les libère et on organise le retour des exilés.

Est-ce possible de bâtir une institution électorale en Côte d’Ivoire sans les acteurs politiques ?

On ne doit pas se voiler la face, il est impossible de nos jours de bâtir un instrument électoral sans ces acteurs. J’opterai pour une représentation équitable des différents partis au sein de l’appareil. Une institution électorale uniquement composée d’acteurs apolitiques peut-elle aussi rester réellement indépendante sachant qu’en Côte d’Ivoire il est difficile de trouver des citoyens neutres y compris les guides religieux ?

L’histoire récente de notre pays a démontré l’échec de la formule dite « consensuelle » ou politique. Dès lors que les commissaires électoraux reçoivent leurs mandats et leurs instructions de leurs partis respectifs, l’intérêt partisan l’emporte inévitablement sur l’intérêt national. Même les guides religieux et la société civile ont été parfois fragilisés par la polarisation politique. C’est pourquoi l’indépendance ne doit pas reposer uniquement sur les hommes, mais plutôt sur les mécanismes institutionnels et juridiques stricts qui sanctuarisent leur neutralité. Il est presqu’impossible de trouver des citoyens apolitiques dans le fond, car dans la forme ils présenteront des aspects neutres. En d’autres termes, je propose une nouvelle institution électorale dont l’opposition garde la présidence, cela pourrait aussi lever des obstacles majeurs et fermer la page noire de l’ancienne CEI. Par ailleurs, le Président Guillaume Soro est très expérimenté dans la formation d’une nouvelle structure électorale, on pourrait se doter de son expertise et ses exploits.

Quelles solutions proposez-vous pour que la paix revienne véritablement à Biankouma où une tension prévaut toujours ?

D’abord, il faut simplement et purement supprimer les barrages de nos agents de police qui se trouvent à l’entrée de chaque village : Dinguoin, Magouin, Blagouin, Kabakouman, Gbablasso 1, Gbablasso 2, Gan 1, Gan 2, Blapleu, et j’en passe. Ensuite, je propose trois axes d’actions immédiates : ✓ La justice et la transparence : l’ouverture immédiate d’une enquête impartiale et la mise aux arrêts de l argent impliqué pour montrer aux populations que nul n’est au-dessus de la loi. ✓ Le dialogue communautaire : implication des chefs traditionnels, des leaders de jeunesse et des cadres de la région dans une commission de médiation pour apaiser les cœurs. ✓ La réforme de la police de proximité : repenser la formation de nos forces de l’ordre sur le terrain afin de favoriser la désescalade et recréer un lien de confiance et de protection mutuelle.

Votre dernier message ?

Pour finir, je demande à toute la population ivoirienne de se préparer pour fêter la commémoration de 7 ans d’existence de GPS le 25 juillet 2026 partout en Côte d’Ivoire et dans la diaspora. GPS peuple uni, peuple fort !

Source : afriksoir.net