Le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, a présenté vendredi à Yamoussoukro le Plan national de développement (PND) 2026-2030 devant le corps préfectoral, les présidents de conseils régionaux, les maires, ainsi que les autorités traditionnelles. Cette rencontre marque une étape importante dans la stratégie gouvernementale visant à renforcer la territorialisation de l’action publique et à rapprocher davantage les politiques de développement des populations.
Selon le ministre, le PND 2026-2030 repose sur une approche inclusive ayant mobilisé l’ensemble des régions du pays. L’élaboration du plan s’est appuyée sur une vaste consultation couvrant 31 régions, 110 départements, 188 communes et 505 sous-préfectures, avec la participation de plus de 2 000 acteurs locaux. Cette démarche participative a permis de recueillir les principales attentes des populations, notamment en matière d’infrastructures routières, d’accès à l’eau potable, de santé, d’éducation, d’électricité, d’agriculture, de sécurité et d’assainissement.
Le plan prévoit un investissement global de 114 838,5 milliards FCFA sur la période 2026-2030. Le financement sera largement porté par le secteur privé, estimé à 70,2 % des ressources, soit 80 614,7 milliards FCFA. La contribution publique s’élève à 34 223,9 milliards FCFA, avec un besoin de financement résiduel de 37 933,1 milliards FCFA, dont une partie attendue lors du Groupe consultatif prévu les 8 et 9 juillet 2026 à Abidjan.
Structuré autour de six axes stratégiques paix et sécurité, agriculture et agro-industrie, secteur privé et industrialisation, capital humain, infrastructures et gouvernance le PND ambitionne de hisser la Côte d’Ivoire au rang de pays à revenu intermédiaire supérieur à l’horizon 2030. Sur le plan territorial, le gouvernement prévoit la mise en place de neuf pôles agro-industriels régionaux et la valorisation de seize filières agricoles prioritaires. Les infrastructures occupent également une place centrale avec la construction programmée de 1 014 km d’autoroutes, 6 774 km de routes bitumées et 141 ouvrages d’art, destinés à désenclaver les régions et faciliter les échanges économiques.
Dans le secteur social, le plan prévoit la construction de cinq centres hospitaliers universitaires, 21 hôpitaux généraux, plus de 1 200 établissements sanitaires de premier contact, près de 9 500 salles de classe, 294 établissements secondaires ainsi que cinq nouvelles universités régionales. Enfin, des comités locaux de suivi, présidés par les gouverneurs de district et les préfets de région, seront chargés de superviser la mise en œuvre du plan sur le terrain et de remonter les réalités locales vers l’administration centrale.
Les échanges à Yamoussoukro ont également porté sur la coordination de l’action de l’État, le rôle des collectivités territoriales, la cohésion sociale portée par les autorités traditionnelles, ainsi que la question du transfert de la capitale politique.
Afriksoir