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Démolitions massives à Abidjan : Le prix humain des opérations de déguerpissement

Démolitions massives à Abidjan : Le prix humain des opérations de déguerpissement

Les opérations de déguerpissement menées ces dernières semaines dans le District autonome d’Abidjan ont provoqué de profondes perturbations sociales, soulevant de nombreuses interrogations sur leurs conséquences humaines et l’absence de dispositifs d’accompagnement suffisants. Dans plusieurs communes, des milliers de familles se retrouvent aujourd’hui sans abri, dans une situation d’urgence sociale préoccupante.

Les opérations de déguerpissement menées ces dernières semaines dans le District autonome d’Abidjan ont provoqué de profondes perturbations sociales, soulevant de nombreuses interrogations sur leurs conséquences humaines et l’absence de dispositifs d’accompagnement suffisants. Dans plusieurs communes, des milliers de familles se retrouvent aujourd’hui sans abri, dans une situation d’urgence sociale préoccupante.

Dans la capitale économique ivoirienne, Abidjan, les interventions ont touché plusieurs zones à forte densité humaine, notamment les communes de Cocody, Yopougon, Koumassi et Port-Bouët. Bulldozers et engins de démolition ont détruit habitations et commerces installés parfois depuis plusieurs années, laissant derrière eux des familles désemparées et un paysage urbain profondément bouleversé.

À Koumassi Campement, plusieurs habitants affirment avoir été pris de court par une opération qu’ils jugent brutale et mal coordonnée. Certains dénoncent même une possible erreur d’exécution, tandis qu’une personne identifiée comme Alloui Brou Jacques aurait revendiqué la responsabilité des destructions avant de disparaître, après l’ouverture d’une procédure judiciaire.

Selon lui, l’origine de cette affaire remonte à 2016, année au cours de laquelle il aurait obtenu une autorisation officielle de remblayage après la réalisation d’une étude d’impact environnemental et social. Cette autorisation porterait sur une superficie totale de 34 hectares. « J’ai obtenu une autorisation de remblayage depuis 2016 après une enquête d’études d’impact environnemental et social déterminant la superficie des 34 hectares. La partie qui vient d’être dégagée fait partie intégrante de cette superficie », a-t-il expliqué.

En attendant, les victimes tentent de survivre sans solution de relogement durable. Au-delà de la perte des logements, les conséquences économiques sont considérables. De nombreux ménages vivaient de petits commerces ou d’activités informelles exercées directement sur les sites déguerpis. La destruction de ces espaces de travail entraîne une perte immédiate de revenus et accentue la précarité déjà élevée dans ces zones urbaines fragiles.

Les impacts sociaux sont tout aussi préoccupants. Plusieurs familles, faute d’hébergement, ont été contraintes de se disperser, fragilisant la cohésion familiale et communautaire. Les enfants et élèves figurent parmi les plus vulnérables, alors que ces opérations interviennent en pleine période scolaire et d’examens, compromettant leur stabilité et leurs performances académiques.

Sur le plan sanitaire, les conditions de vie précaires des personnes déplacées font craindre une exposition accrue aux maladies, notamment en cas de logement temporaire en plein air ou dans des abris de fortune. Les acteurs sociaux alertent également sur les risques d’insécurité et de marginalisation, dans un contexte de forte détresse économique.

Si la nécessité de libérer les zones à risque est globalement reconnue, de nombreuses voix appellent les autorités à renforcer les mesures d’accompagnement. Elles plaident pour des solutions de relogement urgentes, un meilleur dialogue avec les populations concernées et une approche plus humaine des opérations urbaines. Dans un contexte déjà tendu, ces déguerpissements posent ainsi la question de l’équilibre entre impératifs d’aménagement urbain et protection des populations vulnérables dans une ville en pleine expansion comme Abidjan.

Source : afriksoir.net