Par Ablizangoh Wakatê/afriquematin.net
Trois ans après- à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) face à Yacine Idriss Diallo, la question du rôle que doit jouer Didier Drogba dans l’univers du football ivoirien continue de diviser.
L’élection du 23 avril 2022 à la FIF avait cristallisé les tensions. Porté par une immense popularité auprès des anciens et des fans, Didier Drogba avait vu sa candidature invalidée au terme d’une campagne marquée par certains paramètres et autres procédures opaques. Malgré certaines démarches, l’ancien capitaine des Éléphants n’avait pu concourir, et celles-ci s’étaient conclues par un appel au calme et à l’unité – une issue douloureuse pour celui qui aspirait à rénover une fédération minée par les querelles internes.
Depuis lors, Drogba est resté globalement silencieux sur la gestion de la FIF, se consacrant à sa fondation, à ses activités d’ambassadeur de l’OMS et à des projets économiques. Pourtant, chaque mouvement de l’équipe nationale, chaque crise fédérale, ravive dans le débat public un refrain qui est de « Pourquoi ne revient-il pas ? », ou « Pourquoi ne le laisse-t-on pas tranquille ? ».
Alors que certains l’exhortent à persévérer dans son engagement institutionnel, d’autres canaux, de plus en plus audibles, suggèrent autre chose en invitant Didier Drogba à se mettre à l’écart pour vivre sa vie.
Derrière cette formule se cache un débat plus profond sur la place que peut ou doit occuper une icône dans un paysage sportif souvent marqué par les guerres d’ego, les violences symboliques et les jeux de pouvoir.
L’argument d’une mise à l’écart pour vivre sa vie s’est construit sur plusieurs constats. D’abord, le poids émotionnel et médiatique qui entoure la moindre prise de parole de l’ex-buteur de Chelsea.