Yopougon, le 25 juillet 2026 – Ce samedi 25 juillet à 15 heures, au Vegas, l’honorable Dia Houphouët a convoqué une rencontre présentée sur une affiche comme destinée à la jeunesse. Selon ce document largement diffusé sur les réseaux sociaux, l’ordre du jour aurait porté sur « l’actualité du parti », « la situation des camarades emprisonnés » et les « préparatifs de la fête de l’Indépendance ». Un car aurait même été mis à disposition dès 14 heures depuis Toits-Rouges (Ninkin Ninkin), avec l’invitation explicite à se mobiliser pour « les démarches liées à la libération de nos prisonniers politiques ».
Sur le papier, tout semble limpidement partisan. Dans les faits, cette communication n’a convaincu personne, ou presque. Une partie significative des militants du PDCI-RDA de Yopougon y voit tout autre chose : une opération politique organisée en marge d’une activité en faveur d’Adama Bictogo, ancien président de l’Assemblée nationale, dans un lieu que certains présentent comme l’ancien quartier général de campagne de ce dernier.
Pour de nombreux militants, ce geste constitue une rupture nette avec l’héritage défendu pendant des décennies par les figures historiques du PDCI-RDA à Yopougon. Les noms d’Henri Konan Bédié, du Professeur Maurice Kakou Guikahué, de Doukououré Moustapha, d’Aké Éli et de plusieurs autres responsables reviennent en boucle dans les échanges. Eux avaient consenti des sacrifices pour préserver l’ancrage du parti dans cette commune. Aujourd’hui, l’initiative de Dia Houphouët est perçue comme un rapprochement inacceptable avec le RHDP.
Sur les réseaux sociaux, les messages se multiplient. Militants, sympathisants, responsables locaux et cadres expriment une incompréhension teintée de colère. Certains n’hésitent plus à parler de « haute trahison » de la mémoire des anciens dirigeants. Selon plusieurs témoignages recueillis dans les rangs, les organisateurs auraient justifié leur démarche en affirmant qu’elle aurait reçu l’accord, voire aurait été demandée par le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, dans le cadre d’éventuelles discussions visant son retour en Côte d’Ivoire et un apaisement avec le RHDP. À ce stade, aucun élément public ne confirme cette affirmation, qui n’engage que ceux qui la colportent.
Les questions fusent désormais dans les délégations. Qui a financé cette rencontre ? Quel budget y a été consacré ? Pour quelles motivations exactes ? Qui a bénéficié d’un éventuel soutien financier pour le transport et la mobilisation ? Si l’objectif réel était la libération des prisonniers politiques, pourquoi organiser cette activité hors d’un cadre exclusivement partisan, dans un contexte qui nourrit toutes les interprétations et fragilise davantage l’image du PDCI-RDA ?
La tension est palpable. Plusieurs responsables de base évoquent une crise de confiance croissante entre la direction locale et les militants. Pour eux, le parti aurait progressivement perdu son identité à Yopougon au profit de stratégies jugées incompatibles avec son héritage politique. Dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions internes au PDCI-RDA, chaque initiative est désormais scrutée à la loupe par une base de plus en plus exigeante sur la cohérence entre les discours et les actes.
À l’heure où ces lignes sont écrites, les personnes mises en cause, à commencer par Dia Houphouët, n’ont pas publiquement réagi. Le silence, pour l’instant, n’a fait qu’amplifier le sentiment de malaise.
CKL
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