Au terme d'un match à rallonge marqué par les intempéries sur Philadelphie, l'équipe de France a composté son ticket pour les 16e de finale de la Coupe du monde en s'imposant contre l'Irak (3-0).
La foudre était attendue sur Philadelphie, ce lundi, pour le second match des Bleus dans ce Mondial, mais elle avait un nom, comme souvent dans la compétition. Électrique sous les torrents d’eau du Lincoln Financial Field, Kylian Mbappé a encore laissé sa signature dans un match de Coupe du monde. Il y aura toujours des choses à dire sur le personnage, mais ne peut pas banaliser une telle récurrence à cette altitude-là.
Mardi dernier, bien assisté par l’enchanteur Michael Olise, le capitaine des Bleus avait choisi son moment pour mettre la France à l’endroit après une mi-temps franchement à l’envers. Son doublé retentissant lui avait permis d’exploser le record de buts d’Olivier Giroud et celui de l’illustre Just Fontaine dans l’histoire du plus grand tournoi de sélection. Ce soir, Mbappé franchissait la barre des 100 avec le maillot bleu, et il a encore marqué le coup en plaçant son équipe sur les bons rails d’entrée de jeu. Un petit quart d’heure, plus précisément, lui a suffi pour déclencher une frappe pure et puissante de son mauvais pied, le gauche, ce qui n’est pas si fréquent dans son catalogue (1-0, 14e).
Avant et après cela, les Bleus ont montré beaucoup de bonnes intentions, mais le rendu a d’abord été inégal. Ce fut parfois emballant, comme ces connexions haut débit entre les flèches de devant. Et ce fut aussi brouillon, à d’autres moments, surtout dans le deuxième quart-temps – puisque le football est un sport qui se joue désormais en quatre quart-temps – la pause fraîcheur du premier acte estompant le temps fort français pour permettre aux Irakiens de reprendre leurs esprits. La pluie, elle, s’intensifiait, et en attendant un éclair dans un rayon de 13 km pour acter le protocole, on aurait dit que Mbappé tentait de le déclencher lui-même par ses propres étincelles : une tentative de lob à 40 mètres, sans précision (40e), puis une mise en situation intéressante dans la surface sur un contrôle dos au but (42e).
2e doublé pour Mbappé, 1er but en Coupe du monde pour Dembélé
Mais revenons au protocole, le vrai. Pour celui-ci, ce n’était qu’une question de temps. C’est à la pause, quand tous les spectateurs gorgés d’eau ont été appelés à quitter les gradins verticaux sans toiture, que la rencontre a été mise entre parenthèses. Téléspectateurs, spectateurs et surtout acteurs : le monde a été figé. Un scénario forcément anticipé par le staff des Bleus, avec une remise en route comparable à l’avant-match, avec un nouvel échauffement. Il a fallu prendre son mal en patience avant qu’un autre match ne commence, mais la bande à Deschamps l’a entamé avec un temps d’avance. Et elle a fait mieux que le garder.
Il faut croire que les Bleus ont trouvé cette coupure de 2 heures aussi interminable que nous, parce que la suite a été encore plus émoustillante. Comme face au Sénégal, Michael Olise est monté en régume, distillant son poison sur chaque ballon touché. Et la bonne surprise a concerné Ousmane Dembélé. Que l’on soit clair : ce Dembélé des Bleus n’est pas et ne sera pas celui du PSG. Mais on a vu le Ballon d’Or tenter et passer des dribbles, effectuer les feintes de frappe qui le définissent tant, aiguiser son appétit au fil des minutes et se monter décisif, enfin. D’abord en profitant d’une énorme bourde sur une relance irakienne pour offrir un cadeau à son copain Mbappé (2-0, 54e), puis en profitant d’une offrande de l’extérieur du classieux Olise pour débloquer son compteur en Coupe du monde d’une frappe croisée (3-0, 69e).
Entre-temps, le trio s’était encore mis en évidence sur une combinaison sublime, Dembélé déclenchant l’action côté droit avant de trouver Mbappé, qui a mystifié son garde du corps pour servir Olise, dont le petit lob à une touche dans un angle excentré est retombé comme une feuille morte sur l’arête du but (58e). Tout ce beau monde est sorti pour laisser un peu d’espace aux autres artistes, Rayan Cherki, Désiré Doué ou Maghnes Akliouche. Ces 3 autres rescapé des JO n’ont pas été décisifs, mais ils n’ont pas fait non plus baisser la note artistique. Ce n’était pas simple de le faire, cette nuit, à Philadelphie, mais les Bleus ont joué au foot. Et ils l’ont très bien fait. Les voici en seizièmes de finale sans connaître la suite du menu. On signerait pour pareil festin, même s’il faut patienter entre les plats.