Los Angeles, 14 juin 2026. Il y a des victoires qui ressemblent à des démonstrations. Il y en a d’autres qui ressemblent à des sermons. Celle de la Côte d’Ivoire face à l’Équateur (1-0) appartient à la deuxième catégorie. Un seul but, un seul homme, une seule image : Amad Diallo, 24 ans, qui reçoit, contrôle, dribble et frappe dans un mouvement d’une fluidité qui n’appartient qu’aux footballeurs bénis.
Le fait
Le match est fermé pendant une heure. L’Équateur, structuré, compact, ne concède presque rien. La Côte d’Ivoire cherche les espaces, tourne, essaie. À la 67e minute, Amad Diallo reçoit un ballon côté droit, efface son défenseur d’un crochet intérieur et envoie une frappe enroulée dans le petit filet gauche. 1-0. Le reste du match sera une ode à la résistance ivoirienne, solidement organisée par l’arrière-garde.
La lecture
Ce but confirme ce que Manchester United et la Premier League savent depuis deux saisons : Amad Diallo n’est pas une promesse. C’est une réalité. Mais dans le contexte de la sélection nationale, ce but prend une dimension supplémentaire. La Côte d’Ivoire de 2026 est une équipe de champions d’Afrique en titre — CAN 2023, vainqueur à domicile dans des conditions dramatiques — qui désormais cherche à prouver que cette couronne continentale peut se traduire en poids mondial.
Le sélectionneur Emerse Faé a construit quelque chose de solide depuis sa prise de fonction en urgence lors de la CAN. Ce groupe a de la colonne vertébrale, de l’humilité et, avec Amad Diallo, un diamant offensif capable d’allumer n’importe quelle nuit.
La perspective
En 2006, les Éléphants avaient enchanté la Coupe du Monde sans passer le premier tour — groupe de la mort avec Argentine, Pays-Bas, Serbie. En 2026, dans un groupe E plus ouvert, la Côte d’Ivoire a les moyens de revendiquer les huitièmes de finale. Et peut-être bien davantage. Ce premier match est un signal. Pas un titre, pas un exploit — un signal.
Par Mamadou Lamine Diallo — Dakar, 14 juin 2026
Sources : FIFA.com, BBC Afrique, RFI Sport, L’Équipe