Bouaflé, 25 juin 2026 (AIP)-Les mécanismes de la vidéo-verbalisation et du permis à points, deux dispositifs mis en place pour renforcer la sécurité routière en Côte d’Ivoire, ont été expliqués aux fonctionnaires et agents de l’Etat ainsi qu’aux autorités administratives et politiques de la région de la Marahoué, mercredi 24 juin 2026 à Bouaflé, lors d’un panel organisé dans le cadre de la troisième édition des Journées nationales du service public (JNSP).
Animée par le chef de service des Transports terrestres et de la circulation à la direction régionale des Transports de la Marahoué, Ouattara Carson Kassoum, et le chef de service informatique, communication et relations publiques de la même direction, Kouamé Jean-Claude, la rencontre avait pour thème : « La vidéo-verbalisation, permis à points : explication et mode de fonctionnement au profit du citoyen ».
Présentant le système de vidéo-verbalisation, M. Ouattara a indiqué qu’il permet de constater automatiquement certaines infractions routières à l’aide de caméras installées sur les voies publiques. Les usagers peuvent consulter les infractions enregistrées, ainsi que les preuves photographiques et vidéos, sur la plateforme du Centre intégré de gestion des infractions (CIGI), via l’application mobile dédiée ou en contactant le centre d’assistance au 1302.
Il a recommandé aux conducteurs de vérifier régulièrement leur situation, notamment avant un déplacement, afin d’éviter toute mauvaise surprise. Les amendes peuvent être réglées dans les agences agréées, par mobile money ou par carte bancaire. En cas de non-paiement, le recouvrement est généralement lié à la visite technique du véhicule.
L’intervenant a également détaillé les principales catégories de contraventions. Les infractions de première classe, sanctionnées par une amende de 2 000 FCFA, concernent notamment le non-respect du sens de circulation, l’absence d’éclairage réglementaire ou encore les petits excès de vitesse. Les contraventions de deuxième et troisième classes, dont les montants varient de 3 000 à 10 000 FCFA, sanctionnent des comportements plus dangereux tels que le franchissement d’une ligne continue, la circulation sur un trottoir ou le non-respect des feux tricolores.
Selon lui, certaines infractions graves, notamment la conduite en état d’ivresse, le refus d’obtempérer, l’utilisation de fausses plaques d’immatriculation ou encore le refus de céder le passage aux véhicules prioritaires, peuvent entraîner des amendes de 5 0000 FCFA, assorties de sanctions administratives supplémentaires.
Abordant le permis à points, Kouamé Jean-Claude a expliqué que ce dispositif vise à responsabiliser davantage les conducteurs. Il a rappelé que près de 80 % des accidents de la circulation sont liés au facteur humain, d’où la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de sanction.
Le permis à points attribue un capital initial de 12 points à chaque titulaire d’un permis de conduire. Des points sont retirés en fonction de la gravité des infractions commises, avec des retraits variant généralement de deux à six points.
Ainsi, un conducteur peut perdre deux points pour certains excès de vitesse, un défaut d’éclairage ou de signalisation, le refus de serrer à droite pour permettre un dépassement ou encore certaines infractions liées aux manœuvres de circulation.
Le retrait de trois points concerne notamment le refus d’obtempérer à une sommation d’un agent habilité, le refus de céder le passage à un véhicule prioritaire en intervention, notamment une ambulance, un véhicule de police, de gendarmerie ou des sapeurs-pompiers, ainsi que certains dépassements importants de la vitesse réglementaire.
Les infractions les plus graves entraînent un retrait de six points. Il s’agit notamment de la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de certains excès de vitesse particulièrement dangereux. A titre d’exemple, un conducteur présentant un taux d’alcoolémie supérieur au seuil réglementaire peut perdre immédiatement six points sur son permis.
L’orateur a également précisé qu’en cas de cumul de plusieurs infractions constatées lors d’un même contrôle, le retrait de points est plafonné conformément à la réglementation en vigueur. Ainsi, même lorsque plusieurs manquements sont relevés simultanément, le nombre maximal de points retirés ne peut généralement excéder six points.
Par ailleurs, les conducteurs peuvent récupérer jusqu’à quatre points après deux années sans infraction ou à la suite d’un stage de formation à la sécurité routière. Ils disposent également de voies de recours administratives et juridictionnelles pour contester une sanction qu’ils estimeraient injustifiée.
A travers ce panel, les responsables de la direction régionale des Transports de la Marahoué ont voulu renforcer l’information des citoyens sur ces réformes destinées à améliorer la sécurité routière et à promouvoir un comportement responsable sur les routes ivoiriennes.
(AIP)