← Toutes les actualités

Côte d’Ivoire/ Bondoukou : Quand le Maire de Bondoukou transforme une insulte en leçon de leadership

Côte d’Ivoire/ Bondoukou : Quand le Maire de Bondoukou transforme une insulte en leçon de leadership

Bondoukou, le 25 juin 2026 – L’affaire avait défrayé la chronique et suscité une vive émotion au sein de la communauté. Des propos « particulièrement injurieux et irrespectueux », selon plusieurs sources, tenus par le frère Adingra Carter à l’encontre du premier magistrat de la ville.

Bondoukou, le 25 juin 2026 – L’affaire avait défrayé la chronique et suscité une vive émotion au sein de la communauté. Des propos « particulièrement injurieux et irrespectueux », selon plusieurs sources, tenus par le frère Adingra Carter à l’encontre du premier magistrat de la ville. Une plainte était déposée, laissant présager un long et épineux parcours judiciaire. Contre toute attente, l’histoire vient de prendre un tournant radical, non pas dans le prétoire, mais sur l’autel de la sagesse coutumière et du pardon politique.

Face à l’offense, la tentation de la riposte légale était grande. Pourtant, fidèle à des valeurs qu’il affiche régulièrement – paix, tolérance, rassemblement –, Monsieur le Maire a choisi une voie moins fréquentée par les responsables publics : celle du retrait de plainte et de la médiation. Cette décision intervient après une démarche de conciliation initiée par le frère Carter lui-même, accompagné de plusieurs personnalités dont le Président de la Jeunesse Communale, Sambi Valentin,  auprès de Nanan Adou Bibi II, Chef de la province Pinango.

« Cet acte n’est pas un signe de faiblesse. Il est plutôt la preuve éclatante d’une grandeur d’âme, d’une maturité politique et d’un profond attachement à la paix sociale », peut-on lire dans un communiqué émanant de la JCB,  la jeunesse consciente de Bondoukou, un mouvement proche du maire . Là où une procédure judiciaire aurait pu attiser les tensions et cristalliser les divisions, le premier édile a préféré « privilégier le pardon » et « choisir la réconciliation ». Concrètement, sur instruction du Maire actuellement en déplacement au Royaume du Maroc, le Chef du Service Administratif, M. Konin Samuel, et le conseiller municipal Idrissa Ouattara, se sont rendus au tribunal pour officialiser le retrait de la plainte. Un geste fort qui place la cohésion sociale au-dessus de l’affront personnel.

Les coulisses d’une réconciliation

La clé de ce dénouement réside dans l’intervention de l’autorité traditionnelle. Le recours à la médiation de Nanan Adou Bibi II illustre le rôle pivot que continuent de jouer les chefs coutumiers dans la résolution des conflits communautaires, même ceux impliquant les plus hautes sphères de l’administration locale. Cette démarche a été respectée et acceptée par le Maire, soulignant le « profond respect pour cette éminente autorité coutumière ».

En contrepartie de ce geste de clémence, le frère Adingra Carter a pris un engagement formel. Il s’est obligé à renouveler officiellement ses excuses et à revenir sur cette affaire en présence de Nanan Adou Bibi II, dès le retour du Maire à Bondoukou. Cet engagement est présenté comme la « reconnaissance de la faute commise et la volonté de préserver la cohésion au sein de notre communauté ».

Une leçon de leadership en temps de crise

Au-delà de l’anecdote locale, cette séquence offre un cas d’école en gestion de crise et en leadership politique. Dans un climat souvent marqué par la polarisation, le choix du pardon et de la médiation traditionnelle tranche. « Les grandes personnalités ne se distinguent pas seulement par leur pouvoir de décision, mais surtout par leur capacité à pardonner », affirme le communiqué municipal. L’histoire retiendra peut-être qu’à Bondoukou, face à l’injure, un élu a préféré tendre la main plutôt que brandir le code pénal. Un acte qui, selon ses partisans, donne « une leçon de responsabilité, d’humanisme et de leadership ». Reste à voir comment ce pardon sera perçu à plus long terme : comme un acte de faiblesse pouvant encourager l’impunité, ou comme une graine de paix susceptible d’apaiser durablement le climat social. La balle est désormais dans le camp de la communauté pour honorer, par son comportement futur, la sagesse dont son premier magistrat vient de faire preuve.

Source : lessentinelles.info