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Côte d’Ivoire : L’OIA Café-Cacao réussit son baptême du feu et mobilise plus de 12 000 producteurs à Duékoué

Côte d’Ivoire : L’OIA Café-Cacao réussit son baptême du feu et mobilise plus de 12 000 producteurs à Duékoué

La ville de Duékoué a vécu, le samedi 25 juillet 2026, une journée historique pour la première filière agricole de Côte d’Ivoire. Selon les organisateurs, plus de 12 000 producteurs de café et de cacao, venus des treize délégations régionales du pays, ont répondu à l’appel de la première Journée nationale de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Café-Cacao.

La ville de Duékoué a vécu, le samedi 25 juillet 2026, une journée historique pour la première filière agricole de Côte d’Ivoire. Selon les organisateurs, plus de 12 000 producteurs de café et de cacao, venus des treize délégations régionales du pays, ont répondu à l’appel de la première Journée nationale de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) Café-Cacao. Une mobilisation exceptionnelle qui traduit la volonté des acteurs de bâtir une filière plus forte, plus compétitive et résolument tournée vers les exigences du marché international.

Placée sous le parrainage du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, cette rencontre a été marquée par des annonces majeures, des engagements forts du gouvernement et le lancement d’une vaste opération nationale de distribution de produits phytosanitaires homologués.

Dès les premières heures de la matinée, la Place des Fêtes de Duékoué s’est transformée en un immense espace de communion entre les producteurs, les autorités administratives et les responsables de la filière. Des milliers de planteurs, venus des différentes régions productrices, ont effectué le déplacement pour prendre part à ce rendez-vous inédit organisé par une organisation officiellement reconnue depuis le 3 décembre 2025. L’événement marque ainsi l’entrée en scène de l’OIA Café-Cacao comme nouvel acteur central du dialogue entre les producteurs, les commerçants, les transformateurs et les pouvoirs publics.

Au-delà du caractère festif de cette journée, le message délivré par le ministre Bruno Nabagné Koné s’est voulu un véritable appel à la mobilisation nationale. Face à une foule attentive, il a rappelé que le contexte international impose désormais une profonde mutation de la filière ivoirienne. « Nous devons conjuguer nos efforts dans la même direction : celle de l’intérêt bien compris de vos membres, mais aussi celle de l’intérêt supérieur et souverain de la Côte d’Ivoire. » Pour le ministre, les nouvelles exigences des consommateurs internationaux ne doivent plus être perçues comme une menace.

« Les consommateurs n’achètent plus uniquement un produit brut. Ils exigent désormais des garanties fermes sur son origine, sa traçabilité, ses conditions de production, le respect de l’environnement ainsi que la protection des droits humains. Ces nouvelles exigences ne doivent pas être perçues comme des contraintes. Bien au contraire, elles constituent de réelles opportunités pour notre filière. » Bruno Nabagné Koné a insisté sur le fait que la Côte d’Ivoire a déjà remporté la bataille de la quantité. Le défi des prochaines années sera désormais celui de la qualité.

« Grâce à votre travail acharné, notre pays a brillamment relevé le défi de la quantité de production. La prochaine étape, qui nous incombe à tous, est de relever le défi de la qualité, pour imposer partout et durablement le label Côte d’Ivoire. » Le membre du gouvernement a ensuite présenté les quatre grands défis qui attendent la filière : améliorer la productivité, garantir une traçabilité totale des productions, accroître durablement les revenus des planteurs et renforcer la responsabilité collective pour préserver la réputation du cacao ivoirien sur les marchés internationaux. Il a notamment annoncé la poursuite de la distribution de produits phytosanitaires afin d’améliorer les rendements tout en limitant la pression sur les forêts.

L’un des temps forts de son intervention a porté sur la transformation locale, considérée comme un levier essentiel pour mieux valoriser la richesse créée par le cacao. « Nous transformons aujourd’hui environ 43 % de notre production, avec l’ambition d’atteindre rapidement les 60 % à l’horizon 2030, et à terme, d’assurer au moins la première transformation de la totalité de notre cacao avant exportation. » Le ministre a également adressé un appel solennel à l’ensemble des producteurs afin qu’ils privilégient la qualité et l’unité. « Faisons de la qualité notre priorité absolue. Ensemble, bâtissons un cacao durable, incontestable, négociable aux meilleures conditions grâce au prestige de son label d’origine. »

Prenant la parole à son tour, le Directeur général du Conseil du Café-Cacao, Koné Brahima Yves, a mis l’accent sur l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2027, du Règlement de l’Union européenne relatif aux produits sans déforestation. Il a assuré que la Côte d’Ivoire s’y prépare activement depuis plusieurs années grâce au déploiement du Système national de traçabilité.

« Grâce au Système national de traçabilité, chaque kilogramme de cacao pourra être suivi depuis la plantation jusqu’au port d’exportation. Cette avancée constitue une formidable opportunité de mieux valoriser le cacao ivoirien et de renforcer durablement la compétitivité de notre filière. »

Le Directeur général a invité tous les producteurs à se faire recenser afin d’obtenir gratuitement leur carte de producteur, désormais indispensable pour continuer à commercialiser leur cacao dans les meilleures conditions. « Cette carte est désormais la clé qui permettra à chaque producteur de continuer à commercialiser son cacao dans les meilleures conditions. » Le président du conseil d’administration de l’OIA Café-Cacao, Issiaka Diakité, a pour sa part salué une mobilisation exceptionnelle qu’il considère comme le point de départ d’une nouvelle gouvernance de la filière.

« L’OIA est la maison commune des producteurs, des commerçants et des transformateurs. Notre mission est de fédérer toutes les énergies afin de construire une filière forte, moderne et capable de répondre aux attentes des marchés internationaux. » La cérémonie s’est achevée par la remise symbolique de bons de produits phytosanitaires à dix producteurs.

Cette opération ouvre une campagne nationale qui prévoit la distribution de 2 000 cartons de produits homologués au bénéfice de 20 000 producteurs, avec pour objectif de protéger près de 40 000 hectares de plantations contre les maladies et les ravageurs. Les échanges qui ont suivi entre les autorités et les producteurs ont permis d’aborder les questions de la rémunération, de la qualité des récoltes, de la traçabilité et de la modernisation des exploitations.

Cette première Journée nationale de l’OIA Café-Cacao restera comme un rendez-vous fondateur de la filière ivoirienne. À Duékoué, le gouvernement et les acteurs du secteur ont affiché une ambition commune : préserver le leadership mondial de la Côte d’Ivoire tout en construisant un modèle agricole plus durable, plus rémunérateur et davantage conforme aux standards internationaux. Les messages forts lancés par Bruno Nabagné Koné, Koné Brahima Yves et Issiaka Diakité témoignent d’une volonté partagée de faire de l’unité, de la qualité et de la traçabilité les nouveaux piliers de la réussite du café-cacao ivoirien.  leadership de la Côte d’Ivoire sur le marché mondial du cacao.

Envoyé Spécial à Duékoué

Source : afriksoir.net