En dépit des nombreux appels à la modernisation du transport interurbain, des véhicules d'un autre âge continuent d'assurer quotidiennement la liaison entre Yamoussoukro, Toumodi et plusieurs localités environnantes ( Dimbokro, Taabo, etc). Des engins vétustes, parfois âgés de plusieurs décennies, sillonnent encore les routes avec à leur bord des passagers qui n'ont souvent pas d'autre choix pour se déplacer.
Carrosseries rouillées, portières défectueuses, vitres brisées, sièges usés, pneus parfois en mauvais état : le constat est alarmant. À la gare routière de Yamoussoukro et Toumodi ou Dimbokro et Taabo comme sur les axes secondaires, ces véhicules continuent de transporter élèves, commerçants, fonctionnaires et paysans dans des conditions qui suscitent de vives inquiétudes.
« Chaque fois que je monte dans l'un de ces véhicules, je prie pour arriver à destination sain et sauf », témoigne un usager rencontré à Yamoussoukro. « Nous payons notre transport comme tout le monde, mais nous voyageons dans des conditions qui ne respectent pas la dignité humaine. »
Pour de nombreux habitants, le problème ne date pas d'hier. Ils dénoncent un manque de contrôle technique rigoureux et l'absence d'un véritable programme de renouvellement du parc automobile affecté au transport interurbain. Certains véhicules semblent avoir largement dépassé leur durée normale d'exploitation.

Les populations craignent surtout les conséquences sécuritaires. Avec l'augmentation du trafic routier et la dégradation de certains axes, la circulation de véhicules vieillissants représente un risque permanent. Plusieurs usagers évoquent des pannes récurrentes, des immobilisations en pleine route et des incidents mécaniques qui auraient pu tourner au drame.
« Nous ne demandons pas le luxe. Nous voulons simplement des véhicules sûrs, propres et adaptés au transport des personnes », insiste un commerçant de Toumodi.
Face à cette situation, les populations lancent un appel aux autorités compétentes, aux syndicats de transporteurs et aux propriétaires de véhicules afin qu'une solution durable soit trouvée. Elles réclament notamment : le renforcement des contrôles techniques, le retrait progressif des véhicules les plus vétustes, un programme d'accompagnement pour le renouvellement du parc automobile, une amélioration des conditions de transport des voyageurs, une surveillance accrue des compagnies et exploitants de transport.

Pour les usagers de l'axe Yamoussoukro-Toumodi, où Toumodi-Dimbokro, il est temps que ces « reliques de la route » cèdent enfin leur place à des moyens de transport plus modernes et plus sûrs. Car derrière chaque voyage effectué dans ces engins fatigués par les années, c'est la sécurité de centaines de citoyens qui est en jeu.
« Nos vies valent plus que quelques économies réalisées sur l'entretien ou le remplacement de ces véhicules », concluent plusieurs voyageurs, visiblement lassés d'emprunter ce qu'ils qualifient désormais de véritables cercueils roulants.
Paul Konan