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Après le drame du Bafing: La compagnie Diarra Transport lourdement sanctionnée

Après le drame du Bafing: La compagnie Diarra Transport lourdement sanctionnée

Temps de lecture : 3 minutes Le gouvernement ivoirien a décidé de durcir le ton face aux manquements dans le transport routier. Douze jours après le dramatique accident d’un autocar de la compagnie Diarra Transport dans le fleuve Bafing, qui a coûté la vie à 39 personnes, le ministère des Transports et des Affaires maritimes a ordonné, le samedi 25 juillet 2026, la fermeture jusqu’à nouvel ordre de la gare de l’entreprise à Odienné.

Temps de lecture : 3 minutes

Le gouvernement ivoirien a décidé de durcir le ton face aux manquements dans le transport routier. Douze jours après le dramatique accident d’un autocar de la compagnie Diarra Transport dans le fleuve Bafing, qui a coûté la vie à 39 personnes, le ministère des Transports et des Affaires maritimes a ordonné, le samedi 25 juillet 2026, la fermeture jusqu’à nouvel ordre de la gare de l’entreprise à Odienné. Cette décision intervient au lendemain de la suspension de la carte de transporteur de la compagnie et marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’incivisme routier.

Cette série de sanctions illustre la volonté des autorités de ne plus laisser prospérer les pratiques qui mettent en péril la vie des usagers. Dès le 17 juillet, le ministre Amadou Koné s’était rendu sur les lieux du drame ainsi qu’au chevet des blessés. Le 22 juillet, les conclusions préliminaires de l’enquête administrative étaient rendues publiques à Abidjan. Deux jours plus tard, la carte de transporteur de Diarra Transport était suspendue avant que la fermeture de sa gare d’Odienné ne vienne compléter le dispositif de sanctions administratives.

Le drame remonte au 13 juillet 2026. Un car assurant la liaison Odienné-Yamoussoukro a quitté la chaussée sur l’axe Touba-Biankouma avant de plonger dans le fleuve Bafing, au niveau du village de Zouzousso III. Le bilan est particulièrement lourd : 39 morts, dont 12 hommes, 19 femmes et 8 enfants, ainsi que 45 blessés. Seules sept personnes sont sorties indemnes de cette tragédie, la majorité des victimes ayant succombé par noyade.

Les investigations du Bureau Enquête et Analyse Accident (BEA) ont révélé une succession de graves irrégularités. Conçu pour transporter 69 passagers, le véhicule en comptait 91 au moment de l’accident. Des voyageurs supplémentaires avaient été installés sur des tabourets de fortune dans les allées. Les enquêteurs évoquent également l’éclatement d’un pneu avant droit comme élément déclencheur de la perte de contrôle, une défaillance qui pourrait être liée à la surcharge, à l’utilisation de pneus non conformes et à une possible mauvaise maîtrise du conducteur.

L’enquête met aussi en lumière des manquements administratifs jugés préoccupants. Le car circulait avec deux plaques d’immatriculation provisoires différentes, sans assurance valide depuis dix-sept mois et sans visite technique depuis cinq mois. Ces irrégularités, qui contreviennent aux dispositions légales en vigueur, traduisent selon les autorités des pratiques incompatibles avec les exigences de sécurité imposées aux transporteurs.

Pour le ministère des Transports et des Affaires maritimes, le drame du Bafing constitue un point de rupture. Depuis l’adoption de la Stratégie nationale de sécurité routière en 2021, l’État avait privilégié les campagnes de sensibilisation, les formations des chauffeurs et des gestionnaires ainsi que les actions de prévention. Mais les autorités estiment que ces efforts n’ont pas suffi à faire disparaître les comportements à risque, souvent motivés par la recherche de profits au détriment de la sécurité des passagers.

Le directeur de l’Office de la sécurité routière (OSER), Kouakou Étienne, a reconnu que l’incivisme demeure l’un des principaux obstacles à l’amélioration durable de la sécurité sur les routes ivoiriennes. Désormais, la pédagogie sera accompagnée de sanctions immédiates et dissuasives. Dans le cas de Diarra Transport, l’ensemble du parc automobile devra être rapatrié à Abidjan pour une inspection technique approfondie, tandis que chaque conducteur devra justifier de son Certificat d’aptitude de conducteur routier (CACR) avant toute reprise d’activité. La compagnie devra également s’acquitter des amendes et des frais liés à la gestion de l’accident.

Au-delà de cette affaire, le gouvernement entend réformer durablement le secteur du transport routier. Sept mesures ont été annoncées, parmi lesquelles le renforcement de la formation des chauffeurs et des gestionnaires, la création d’une plateforme numérique de suivi des compagnies, le contrôle renforcé des assurances et des visites techniques, l’ouverture de discussions sur une convention collective des chauffeurs interurbains, le renforcement des comités locaux de sécurité routière ainsi que la généralisation progressive du dispositif d’auto-contrôle dans les gares routières.

À travers ces décisions, le gouvernement adresse un avertissement clair à l’ensemble des transporteurs ivoiriens. Le mot d’ordre est désormais sans équivoque : « Stop à l’incivisme sur la route ». Tout en renouvelant sa compassion aux familles endeuillées et aux blessés, l’État affirme sa détermination à faire respecter les règles de sécurité et à accompagner les procédures judiciaires en cours. Avec la fermeture de la gare de Diarra Transport à Odienné, les autorités veulent démontrer que la prévention ne peut plus se limiter aux discours et que les infractions mettant en danger des vies humaines feront désormais l’objet de sanctions exemplaires.

Kindo Ousseny, source sercom ministère du transport

Source : man-info.net